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N° 491 - Janvier 2022 - Pasteur, la foi dans la science = Nacht und Nebel au coeur de la machine nazie [texte imprimĂ© (livres, articles, pĂ©riodiques)]. La France s'apprête à célébrer en grande pompe le bicentenaire de la naissance de Pasteur. Au-delà du mythe entourant son parcours, depuis la pasteurisation jusqu'à la vaccination, les chercheurs ont complexifié son portrait. Ils ont pu mettre en avant sa dimension entrepreneuriale, son sens de la communication, voire ses coups de chance ou ses mensonges. Reste une oeuvre scientifique qui marque encore notre temps. Et des Instituts qui ont essaimé partout dans le monde, faisant de la France le pays de Pasteur. Langues : Français (fre)
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| HISTOIRE | Revues | Bibliothèque HELMo Campus des Coteaux | Libre-Accès | P9606 | Disponible |
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[article]
Titre : Editorial - Le pays de Pasteur Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 3 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur sciences Note de contenu :
La pandémie de Covid-19 a rebattu les cartes. Au printemps 2021, des vaccinodromes improvisés s'ouvraient à des files d'hommes et de femmes de tous âges aussi sagement alignés que les conscrits de 1902. Il y eut bien quelques centaines de milliers de citoyens pour manifester contre l'obligation plus ou moins déguisée d'un vaccin après tout encore assez mal stabilisé, mais, montant du monde entier, la peur de la 3e, de la 4e, puis de la 5e offensive sournoise du virus mutant eut raison massive des objections « antivax ». La France est redevenue « le pays de Pasteur ».
Voilà un bicentenaire qui tombe à pic, et une statue encore épargnée par le vandalisme des temps. Il est vrai que rien ne manque au portrait du saint laïque, fils du peuple, forte tête, pénétré de l'idée de la vérité et prêt à tout pour la faire triompher, au bénéfice exclusif du bien-être de l'humanité.
Les travaux des historiens depuis trente ans ont nuancé le portrait. Pasteur n'est pas un génie isolé. Déjà le livre de souvenirs d'Adrien Loir, son très attachant neveu (qui fonda en 1893 l'Institut Pasteur de Tunis), rappelait à quel point Émile Roux, le fidèle collaborateur, s'était senti évincé : n'était-ce pas à lui que revenait l'idée d'affaiblir avec de la potasse le virus logé dans la moelle de lapin qui sauva en 1885 le jeune Joseph Meister mordu par un chien enragé ? De ses collaborateurs un peu oubliés, des coups de force, coups de chance et coups de bluff qui sont aussi partie prenante du grand théâtre de la science, rien n'est vraiment ignoré aujourd'hui. On sait aussi bien sûr que la révolution épidémiologique s'inscrit dans un paysage international où pointent d'autres acteurs de talent, comme Robert Koch, le grand rival allemand. On mesure ce que la science pastorienne doit au contexte colonial, inespéré laboratoire d'expérimentation des théories et pratiques nouvelles - pour le meilleur et parfois pour le pire.
En 1984 le livre choc de Bruno Latour nous a, lui, fait comprendre ce que Pasteur doit au contexte politique. Sa stratégie déterminée, tous terrains confondus, rencontra, dans les années 1880, les aspirations d'une république ardemment désireuse de régénérer le pays. Peu importait que Pasteur ne soit pas médecin - c'est de ce côté d'ailleurs que vinrent les plus durs adversaires -, la France meurtrie par la défaite de 1870 (le tiers de ses soldats abattus par la variole) reprenait grâce à lui les armes contre un ennemi de choix. Enfin pouvait se mettre en place la politique de santé publique rêvée par les hygiénistes des Lumières. Alors que l'Angleterre reculait devant la défiance « antivax », la République imposa à marche forcée la vaccination obligatoire (variole 1902, diphtérie 1938, tétanos 1940, polio 1964), qui fit reculer les microbes.
On oublie souvent que l'Institut qui porte son nom a été créé en 1887 sur fonds privés et que, depuis 1983, il ne fabrique plus les vaccins. Qu'importe ! C'est de cet épisode crucial de la grande histoire mêlée de l'homme avec les virus que nous sommes aujourd'hui nostalgiques - celle d'un temps où les vaccins étaient efficaces, sans danger et gratuits, où l'État était le garant de la santé de sa population, où la République pouvait glorifier le savant qui révélait la puissance des microbes en même temps qu'il en était vainqueur.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 3[article] Editorial - Le pays de Pasteur [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 3.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 3
Mots-clés : Pasteur sciences Note de contenu :
La pandémie de Covid-19 a rebattu les cartes. Au printemps 2021, des vaccinodromes improvisés s'ouvraient à des files d'hommes et de femmes de tous âges aussi sagement alignés que les conscrits de 1902. Il y eut bien quelques centaines de milliers de citoyens pour manifester contre l'obligation plus ou moins déguisée d'un vaccin après tout encore assez mal stabilisé, mais, montant du monde entier, la peur de la 3e, de la 4e, puis de la 5e offensive sournoise du virus mutant eut raison massive des objections « antivax ». La France est redevenue « le pays de Pasteur ».
Voilà un bicentenaire qui tombe à pic, et une statue encore épargnée par le vandalisme des temps. Il est vrai que rien ne manque au portrait du saint laïque, fils du peuple, forte tête, pénétré de l'idée de la vérité et prêt à tout pour la faire triompher, au bénéfice exclusif du bien-être de l'humanité.
Les travaux des historiens depuis trente ans ont nuancé le portrait. Pasteur n'est pas un génie isolé. Déjà le livre de souvenirs d'Adrien Loir, son très attachant neveu (qui fonda en 1893 l'Institut Pasteur de Tunis), rappelait à quel point Émile Roux, le fidèle collaborateur, s'était senti évincé : n'était-ce pas à lui que revenait l'idée d'affaiblir avec de la potasse le virus logé dans la moelle de lapin qui sauva en 1885 le jeune Joseph Meister mordu par un chien enragé ? De ses collaborateurs un peu oubliés, des coups de force, coups de chance et coups de bluff qui sont aussi partie prenante du grand théâtre de la science, rien n'est vraiment ignoré aujourd'hui. On sait aussi bien sûr que la révolution épidémiologique s'inscrit dans un paysage international où pointent d'autres acteurs de talent, comme Robert Koch, le grand rival allemand. On mesure ce que la science pastorienne doit au contexte colonial, inespéré laboratoire d'expérimentation des théories et pratiques nouvelles - pour le meilleur et parfois pour le pire.
En 1984 le livre choc de Bruno Latour nous a, lui, fait comprendre ce que Pasteur doit au contexte politique. Sa stratégie déterminée, tous terrains confondus, rencontra, dans les années 1880, les aspirations d'une république ardemment désireuse de régénérer le pays. Peu importait que Pasteur ne soit pas médecin - c'est de ce côté d'ailleurs que vinrent les plus durs adversaires -, la France meurtrie par la défaite de 1870 (le tiers de ses soldats abattus par la variole) reprenait grâce à lui les armes contre un ennemi de choix. Enfin pouvait se mettre en place la politique de santé publique rêvée par les hygiénistes des Lumières. Alors que l'Angleterre reculait devant la défiance « antivax », la République imposa à marche forcée la vaccination obligatoire (variole 1902, diphtérie 1938, tétanos 1940, polio 1964), qui fit reculer les microbes.
On oublie souvent que l'Institut qui porte son nom a été créé en 1887 sur fonds privés et que, depuis 1983, il ne fabrique plus les vaccins. Qu'importe ! C'est de cet épisode crucial de la grande histoire mêlée de l'homme avec les virus que nous sommes aujourd'hui nostalgiques - celle d'un temps où les vaccins étaient efficaces, sans danger et gratuits, où l'État était le garant de la santé de sa population, où la République pouvait glorifier le savant qui révélait la puissance des microbes en même temps qu'il en était vainqueur.
Forum - L'esclavage d'hier et d'aujourd'hui in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Forum - L'esclavage d'hier et d'aujourd'hui Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 4 Langues : Français (fre) Mots-clés : esclavage Note de contenu : L'esclavage d'hier et d'aujourd'hui
Vous avez été nombreux à réagir au numéro des Collections de L'Histoire sur l'esclavage (n° 93). « Merci pour ce numéro, écrit Matthieu Bauer. Il est très complet et permet de décentrer le regard sur l'une des tragédies de l'histoire. Afin de compléter ce dossier, un détour par la plantation Whitney en Louisiane (une scène de Django Unchained y a d'ailleurs été tournée) aurait pu être pertinent. En effet, contrairement à de nombreuses plantations voisines, la visite de celle-ci ne se fait pas du point de vue du maître, mais bien de l'esclave. Le travail de l'historien sénégalais Ibrahima Seck est à souligner. Il a su transformer cette plantation en un lieu d'histoire et de mémoire. Pour avoir eu la chance de la visiter, accompagné de M. Seck, je tenais à lui rendre hommage. »
Jacques Paillard exprime quant à lui un regret : « J'ai été étonné de ne pas trouver au moins un petit encadré sur Savorgnan de Brazza, libérateur d'esclaves, dans votre numéro sur l'esclavage. Il est vrai que cet homme, dont j'ai entendu parler en bien dans ma scolarité primaire à la fin des années 1950, semble avoir disparu des références historiques modernes et médiatisées. Sa réputation d'humaniste était-elle surfaite ? Ou son aspect "colonial" serait-il gênant ? ». Enfin, Jean Guillemin est surpris de voir figurer les pays Baltes sur la carte de l'esclavage dans le monde d'aujourd'hui.
La réponse de la rédaction
Pour les pays Baltes sont représentées sur la carte les traites d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle (Global Slavery Index, 2018). Quant à Brazza, L'Histoire est revenue à plusieurs reprises sur cet explorateur français et son mythe. Nous vous invitons à lire l'article d'Edward Berenson « Brazza mérite-t-il sa légende ? » (n° 363, avril 2011) et notre récent dossier sur « Le partage de l'Afrique » (n° 477, novembre 2020), qui rappellent notamment le rapport qu'il avait rédigé pour dénoncer les exactions des autorités coloniales.
Le 17 octobre 1961
Dans l'article d'Emmanuel Blanchard sur le « 17 octobre 1961 : un massacre colonial à Paris » (L'Histoire n° 488), j'ai apprécié la qualité des points mis en avant mais l'accent a surtout été mis sur la répression du 17 octobre 1961. Je m'attendais à voir aussi l'analyse de Jean-Paul Brunet (Police contre FLN. Le drame d'octobre 1961, Flammarion, 1999), qui replaçait la manifestation dans son contexte de l'époque sans cacher le nombre de morts dans les rangs de la police parisienne auparavant. J'avais 20 ans à l'époque et je me souviens très bien des articles de journaux grand public (France-Soir par exemple) faisant part des attentats subis par la police parisienne.
Jean-Raymond Dulous
La réponse de l'auteur
Les attentats commis par le FLN, notamment à l'encontre de policiers parisiens, sont bien évoqués dans l'article. Les analyses de Jean-Paul Brunet n'y sont pas reprises car la question du nombre des victimes n'est pas placée au centre de la démonstration. D'autres perspectives sont privilégiées afin de rendre compte du 17 octobre dans un contexte qui ne peut être réduit aux affrontements entre le FLN et la police parisienne. Par ailleurs, Jean-Paul Brunet a construit sa démonstration sur les seules archives de la Préfecture de police, ce qui pose problème quand il s'agit de déconstruire une dissimulation d'État.
Le collier bourguignon
Merci pour le superbe dossier sur les princes de Bourgogne (L'Histoire n° 489). Dans le décryptage d'un manuscrit du XVe siècle, Élodie Lecuppre-Desjardin précise que Philippe le Bon arborait un collier à briquets lors d'un Conseil ducal. De quoi s'agit-il ?
Benjamin Pfister
La réponse de l'auteure
Il s'agit d'une pierre à feu dont les anses font penser au « B » de Bourgogne. Elle signifierait, dans la guerre contre les Armagnacs, que Philippe le Bon pouvait mettre le feu au bâton noueux d'Orléans (leur emblème). Elle pourrait aussi symboliser la passion amoureuse de Philippe le Bon.
Av. n. è.
Dans le numéro sur Confucius (n° 490), j'ai été surpris de constater que le traditionnel « av. J.-C. » avait été remplacé par « av. n. è. » (avant notre ère). Pourquoi ce changement ?
Mariette Dagot
La réponse de la rédaction
Lorsque le sujet traité n'a aucun lien avec l'histoire occidentale, comme dans le cas de Confucius, ou lorsqu'on aborde des périodes préhistoriques, la rédaction a décidé de privilégier l'utilisation de « av. n. è. ».
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 4[article] Forum - L'esclavage d'hier et d'aujourd'hui [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 4.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 4
Mots-clés : esclavage Note de contenu : L'esclavage d'hier et d'aujourd'hui
Vous avez été nombreux à réagir au numéro des Collections de L'Histoire sur l'esclavage (n° 93). « Merci pour ce numéro, écrit Matthieu Bauer. Il est très complet et permet de décentrer le regard sur l'une des tragédies de l'histoire. Afin de compléter ce dossier, un détour par la plantation Whitney en Louisiane (une scène de Django Unchained y a d'ailleurs été tournée) aurait pu être pertinent. En effet, contrairement à de nombreuses plantations voisines, la visite de celle-ci ne se fait pas du point de vue du maître, mais bien de l'esclave. Le travail de l'historien sénégalais Ibrahima Seck est à souligner. Il a su transformer cette plantation en un lieu d'histoire et de mémoire. Pour avoir eu la chance de la visiter, accompagné de M. Seck, je tenais à lui rendre hommage. »
Jacques Paillard exprime quant à lui un regret : « J'ai été étonné de ne pas trouver au moins un petit encadré sur Savorgnan de Brazza, libérateur d'esclaves, dans votre numéro sur l'esclavage. Il est vrai que cet homme, dont j'ai entendu parler en bien dans ma scolarité primaire à la fin des années 1950, semble avoir disparu des références historiques modernes et médiatisées. Sa réputation d'humaniste était-elle surfaite ? Ou son aspect "colonial" serait-il gênant ? ». Enfin, Jean Guillemin est surpris de voir figurer les pays Baltes sur la carte de l'esclavage dans le monde d'aujourd'hui.
La réponse de la rédaction
Pour les pays Baltes sont représentées sur la carte les traites d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle (Global Slavery Index, 2018). Quant à Brazza, L'Histoire est revenue à plusieurs reprises sur cet explorateur français et son mythe. Nous vous invitons à lire l'article d'Edward Berenson « Brazza mérite-t-il sa légende ? » (n° 363, avril 2011) et notre récent dossier sur « Le partage de l'Afrique » (n° 477, novembre 2020), qui rappellent notamment le rapport qu'il avait rédigé pour dénoncer les exactions des autorités coloniales.
Le 17 octobre 1961
Dans l'article d'Emmanuel Blanchard sur le « 17 octobre 1961 : un massacre colonial à Paris » (L'Histoire n° 488), j'ai apprécié la qualité des points mis en avant mais l'accent a surtout été mis sur la répression du 17 octobre 1961. Je m'attendais à voir aussi l'analyse de Jean-Paul Brunet (Police contre FLN. Le drame d'octobre 1961, Flammarion, 1999), qui replaçait la manifestation dans son contexte de l'époque sans cacher le nombre de morts dans les rangs de la police parisienne auparavant. J'avais 20 ans à l'époque et je me souviens très bien des articles de journaux grand public (France-Soir par exemple) faisant part des attentats subis par la police parisienne.
Jean-Raymond Dulous
La réponse de l'auteur
Les attentats commis par le FLN, notamment à l'encontre de policiers parisiens, sont bien évoqués dans l'article. Les analyses de Jean-Paul Brunet n'y sont pas reprises car la question du nombre des victimes n'est pas placée au centre de la démonstration. D'autres perspectives sont privilégiées afin de rendre compte du 17 octobre dans un contexte qui ne peut être réduit aux affrontements entre le FLN et la police parisienne. Par ailleurs, Jean-Paul Brunet a construit sa démonstration sur les seules archives de la Préfecture de police, ce qui pose problème quand il s'agit de déconstruire une dissimulation d'État.
Le collier bourguignon
Merci pour le superbe dossier sur les princes de Bourgogne (L'Histoire n° 489). Dans le décryptage d'un manuscrit du XVe siècle, Élodie Lecuppre-Desjardin précise que Philippe le Bon arborait un collier à briquets lors d'un Conseil ducal. De quoi s'agit-il ?
Benjamin Pfister
La réponse de l'auteure
Il s'agit d'une pierre à feu dont les anses font penser au « B » de Bourgogne. Elle signifierait, dans la guerre contre les Armagnacs, que Philippe le Bon pouvait mettre le feu au bâton noueux d'Orléans (leur emblème). Elle pourrait aussi symboliser la passion amoureuse de Philippe le Bon.
Av. n. è.
Dans le numéro sur Confucius (n° 490), j'ai été surpris de constater que le traditionnel « av. J.-C. » avait été remplacé par « av. n. è. » (avant notre ère). Pourquoi ce changement ?
Mariette Dagot
La réponse de la rédaction
Lorsque le sujet traité n'a aucun lien avec l'histoire occidentale, comme dans le cas de Confucius, ou lorsqu'on aborde des périodes préhistoriques, la rédaction a décidé de privilégier l'utilisation de « av. n. è. ».
On va en parler - SOS Sainte-Geneviève ! in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : On va en parler - SOS Sainte-Geneviève ! Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 6 Langues : Français (fre) Mots-clés : bibliothèque Sainte-Geneviève Note de contenu : Fleuron de la montagne parisienne du même nom, la bibliothèque Sainte-Geneviève est exceptionnelle à plusieurs titres.
Par son architecture innovante, oeuvre d'Henri Labrouste (milieu XIXe siècle), qui conserve visible la structure métallique, privilégie la pierre pour l'extérieur et ouvre de grandes baies vitrées pour la luminosité, elle est classée monument historique ; par son caractère autonome, puisque l'édifice fut le premier spécifiquement pensé pour être une bibliothèque ; enfin et surtout, par le nombre et la qualité de ses documents (plus de 2 millions, dont 250 000 précieux, certains hérités de l'abbaye Sainte-Geneviève, l'un des fonds patrimoniaux les plus importants d'Europe). Très fréquentée, par les étudiants mais aussi un public plus large (il suffit d'être majeur ou bachelier pour y avoir accès), ouverte six jours par semaine de 10 heures à 22 heures, elle est aujourd'hui menacée faute de moyens suffisants alloués par l'autorité de tutelle, l'Université Sorbonne Nouvelle. Une vraie gêne pour l'étude et la recherche mais aussi un risque pour la sécurité : les enseignants-chercheurs qui ont publiquement dénoncé la situation rappellent que la catastrophe qui a ravagé Notre-Dame pourrait de la même façon atteindre irrémédiablement une part irremplaçable du patrimoine français.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 6[article] On va en parler - SOS Sainte-Geneviève ! [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 6.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 6
Mots-clés : bibliothèque Sainte-Geneviève Note de contenu : Fleuron de la montagne parisienne du même nom, la bibliothèque Sainte-Geneviève est exceptionnelle à plusieurs titres.
Par son architecture innovante, oeuvre d'Henri Labrouste (milieu XIXe siècle), qui conserve visible la structure métallique, privilégie la pierre pour l'extérieur et ouvre de grandes baies vitrées pour la luminosité, elle est classée monument historique ; par son caractère autonome, puisque l'édifice fut le premier spécifiquement pensé pour être une bibliothèque ; enfin et surtout, par le nombre et la qualité de ses documents (plus de 2 millions, dont 250 000 précieux, certains hérités de l'abbaye Sainte-Geneviève, l'un des fonds patrimoniaux les plus importants d'Europe). Très fréquentée, par les étudiants mais aussi un public plus large (il suffit d'être majeur ou bachelier pour y avoir accès), ouverte six jours par semaine de 10 heures à 22 heures, elle est aujourd'hui menacée faute de moyens suffisants alloués par l'autorité de tutelle, l'Université Sorbonne Nouvelle. Une vraie gêne pour l'étude et la recherche mais aussi un risque pour la sécurité : les enseignants-chercheurs qui ont publiquement dénoncé la situation rappellent que la catastrophe qui a ravagé Notre-Dame pourrait de la même façon atteindre irrémédiablement une part irremplaçable du patrimoine français.
On va en parler in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : On va en parler Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 6-7 Langues : Français (fre) Note de contenu : BnF
ARCHIVES GENEVOIX
La BNF lance une souscription pour acquérir l'ensemble des archives de Maurice Genevoix, volumineuse correspondance, brouillons de romans (il reçut le prix Goncourt en 1925 pour Raboliot), mais aussi, bien sûr, les carnets de guerre de l'auteur d'un livre magnifique et aujourd'hui peu consensuel : Ceux de 14. Rens.
Environnement
LE RUCHE FAIT SON MIEL
Le Ruche (pour Réseau universitaire de chercheurs en histoire environnementale) veut promouvoir une diffusion large de l'histoire environnementale dans ses approches différentes. Le comité scientifique compte notamment Stéphane Frioux, François Jarrige, Solène Rivoal, Alexis Vrignon. Il organise du 1er au 16 juin 2022, pour le cinquantenaire du sommet de Stockholm, « La Ruche de l'histoire. Le printemps de l'histoire environnementale ». Les propositions d'activités susceptibles d'entrer dans ce cadre sont à envoyer avant le 1er mars 2022 à steve.hagimont@uvsq.fr.
Cheval domestique
VENU DES STEPPES
162 scientifiques ont analysé les génomes de 273 chevaux ayant vécu entre 50000 et 200 avant notre ère. Leur verdict confirme que le cheval aurait été domestiqué vers 2200 avant notre ère dans les steppes pontiques avant de conquérir le reste de l'Eurasie au grand galop (peut-être) en quelques siècles à peine.
Toulouse et Cluny
LA DAME VOYAGE
Au coeur du Quartier latin à Paris, le musée de Cluny, dédié au Moyen Age, actuellement en travaux, rouvrira au printemps 2022 avec une exposition sur Toulouse au XIVe siècle. En sens inverse, La Dame à la Licorne, trésor du musée qui ne l'a prêté que trois fois, au MET de New York, au Japon et à Sydney, finit le 16 janvier son séjour à Toulouse aux Abattoirs (avec un Minotaure de Picasso). La Dame à la licorne connaissait déjà la ville : elle avait été mise à l'abri au couvent des Jacobins pendant la Première Guerre mondiale.
Prix lycéen
LA SÉLECTION
Pour la 3e édition du prix lycéen du Livre d'histoire, le comité d'organisation a choisi la sélection 2022 des cinq livres donnés à lire aux élèves participants : Omer Bartov, Anatomie d'un génocide. Vie et mort dans une ville nommée Buczacz (Plein Jour) ; Jérémie Foa, Tous ceux qui tombent. Visages du massacre de la Saint-Barthélemy (La Découverte) ; Camille Lefebvre, Des pays au crépuscule. Le moment de l'occupation coloniale (Sahara-Sahel) chez Fayard ; Marie-Pierre Rey, Le Premier des chefs. L'exceptionnel destin d'Antonin Carême (Flammarion) ; William Van Andringa, Archéologie du geste. Rites et pratiques à Pompéi (Hermann). Modalités d'inscription à venir sur les sites des Rendez-vous de l'histoire de Blois et de L'Histoire.
Amiens
CONSERVATOIRE DE LA PRESSE
Surclassant 71 propositions, c'est Amiens Métropole que la BNF a choisie pour accueillir, sur plus de 6 hectares, un nouveau pôle regroupant un Conservatoire national de la presse et un centre de conservation pour ses collections. Des magasins technologiques seront édifiés pour les documents de presse fragiles. La collection de la BNF est l'une des plus riches : 300 000 titres depuis la Gazette de Théophraste Renaudot en 1631. Il sera accessible en 2028.
Festival Ă venir
LES INVISIBLES
Le festival Histoire et Cité, prévu à Genève et Lausanne du 29 mars au 3 avril, se penchera sur les « invisibles », celles et ceux que l'histoire officielle et les figures des grands hommes ont rejetés dans l'ombre. Mais que les sociétés actuelles entendent remettre au coeur des débats politiques et mémoriels. nformations sur le site du festival Histoire et Cité.
Site de l'Élysée
COQUILLES
Le discours prononcé par Emmanuel Macron le 11 novembre 2021, accessible sur le site de l'Élysée, contient des coquilles, qu'un lecteur attentif nous a signalées : « Hubert Ferney » à la place d'Henri Frenay ou les victoires de « Pathé » (Patay) et « Rance » (Reims ?)... Certes mineures, ces erreurs chagrinent, venant d'un président féru d'histoire.
Exclusif
Menace sur Memorial
La justice russe examine la « dissolution » de l'ONG Memorial, qui oeuvre à la préservation de la mémoire des crimes soviétiques et à la défense des droits humains en Russie (cf. L'Histoire n° 461-462). Le 11 novembre 2021 le parquet général de la Russie a déposé une plainte à la Cour suprême. Accusée de faire « l'apologie de l'extrémisme et du terrorisme », Memorial ne respecterait pas non plus la loi de 2012 qui stipule que les ONG russes recevant un financement international doivent signaler sur leurs documents la mention « agent étranger ». Selon Nicolas Werth, président de Memorial-France, cette décision « absurde » s'inscrit dans un contexte d'une « offensive de réécriture globale de l'histoire russe ». Il se veut néanmoins rassurant : « Même si Memorial est dissoute, les 63 branches régionales russes et les 10 internationales, qui ont chacune un statut juridique autonome, continueront leur travail. ».
Retrouvez l'interview complète sur www.lhistoire.fr.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 6-7[article] On va en parler [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 6-7.
Langues : Français (fre)
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Note de contenu : BnF
ARCHIVES GENEVOIX
La BNF lance une souscription pour acquérir l'ensemble des archives de Maurice Genevoix, volumineuse correspondance, brouillons de romans (il reçut le prix Goncourt en 1925 pour Raboliot), mais aussi, bien sûr, les carnets de guerre de l'auteur d'un livre magnifique et aujourd'hui peu consensuel : Ceux de 14. Rens.
Environnement
LE RUCHE FAIT SON MIEL
Le Ruche (pour Réseau universitaire de chercheurs en histoire environnementale) veut promouvoir une diffusion large de l'histoire environnementale dans ses approches différentes. Le comité scientifique compte notamment Stéphane Frioux, François Jarrige, Solène Rivoal, Alexis Vrignon. Il organise du 1er au 16 juin 2022, pour le cinquantenaire du sommet de Stockholm, « La Ruche de l'histoire. Le printemps de l'histoire environnementale ». Les propositions d'activités susceptibles d'entrer dans ce cadre sont à envoyer avant le 1er mars 2022 à steve.hagimont@uvsq.fr.
Cheval domestique
VENU DES STEPPES
162 scientifiques ont analysé les génomes de 273 chevaux ayant vécu entre 50000 et 200 avant notre ère. Leur verdict confirme que le cheval aurait été domestiqué vers 2200 avant notre ère dans les steppes pontiques avant de conquérir le reste de l'Eurasie au grand galop (peut-être) en quelques siècles à peine.
Toulouse et Cluny
LA DAME VOYAGE
Au coeur du Quartier latin à Paris, le musée de Cluny, dédié au Moyen Age, actuellement en travaux, rouvrira au printemps 2022 avec une exposition sur Toulouse au XIVe siècle. En sens inverse, La Dame à la Licorne, trésor du musée qui ne l'a prêté que trois fois, au MET de New York, au Japon et à Sydney, finit le 16 janvier son séjour à Toulouse aux Abattoirs (avec un Minotaure de Picasso). La Dame à la licorne connaissait déjà la ville : elle avait été mise à l'abri au couvent des Jacobins pendant la Première Guerre mondiale.
Prix lycéen
LA SÉLECTION
Pour la 3e édition du prix lycéen du Livre d'histoire, le comité d'organisation a choisi la sélection 2022 des cinq livres donnés à lire aux élèves participants : Omer Bartov, Anatomie d'un génocide. Vie et mort dans une ville nommée Buczacz (Plein Jour) ; Jérémie Foa, Tous ceux qui tombent. Visages du massacre de la Saint-Barthélemy (La Découverte) ; Camille Lefebvre, Des pays au crépuscule. Le moment de l'occupation coloniale (Sahara-Sahel) chez Fayard ; Marie-Pierre Rey, Le Premier des chefs. L'exceptionnel destin d'Antonin Carême (Flammarion) ; William Van Andringa, Archéologie du geste. Rites et pratiques à Pompéi (Hermann). Modalités d'inscription à venir sur les sites des Rendez-vous de l'histoire de Blois et de L'Histoire.
Amiens
CONSERVATOIRE DE LA PRESSE
Surclassant 71 propositions, c'est Amiens Métropole que la BNF a choisie pour accueillir, sur plus de 6 hectares, un nouveau pôle regroupant un Conservatoire national de la presse et un centre de conservation pour ses collections. Des magasins technologiques seront édifiés pour les documents de presse fragiles. La collection de la BNF est l'une des plus riches : 300 000 titres depuis la Gazette de Théophraste Renaudot en 1631. Il sera accessible en 2028.
Festival Ă venir
LES INVISIBLES
Le festival Histoire et Cité, prévu à Genève et Lausanne du 29 mars au 3 avril, se penchera sur les « invisibles », celles et ceux que l'histoire officielle et les figures des grands hommes ont rejetés dans l'ombre. Mais que les sociétés actuelles entendent remettre au coeur des débats politiques et mémoriels. nformations sur le site du festival Histoire et Cité.
Site de l'Élysée
COQUILLES
Le discours prononcé par Emmanuel Macron le 11 novembre 2021, accessible sur le site de l'Élysée, contient des coquilles, qu'un lecteur attentif nous a signalées : « Hubert Ferney » à la place d'Henri Frenay ou les victoires de « Pathé » (Patay) et « Rance » (Reims ?)... Certes mineures, ces erreurs chagrinent, venant d'un président féru d'histoire.
Exclusif
Menace sur Memorial
La justice russe examine la « dissolution » de l'ONG Memorial, qui oeuvre à la préservation de la mémoire des crimes soviétiques et à la défense des droits humains en Russie (cf. L'Histoire n° 461-462). Le 11 novembre 2021 le parquet général de la Russie a déposé une plainte à la Cour suprême. Accusée de faire « l'apologie de l'extrémisme et du terrorisme », Memorial ne respecterait pas non plus la loi de 2012 qui stipule que les ONG russes recevant un financement international doivent signaler sur leurs documents la mention « agent étranger ». Selon Nicolas Werth, président de Memorial-France, cette décision « absurde » s'inscrit dans un contexte d'une « offensive de réécriture globale de l'histoire russe ». Il se veut néanmoins rassurant : « Même si Memorial est dissoute, les 63 branches régionales russes et les 10 internationales, qui ont chacune un statut juridique autonome, continueront leur travail. ».
Retrouvez l'interview complète sur www.lhistoire.fr.
On va en parler - La vie de l'édition in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : On va en parler - La vie de l'édition Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 8 Langues : Français (fre) Note de contenu :
Alpha, l'histoire en poche
La nouvelle collection poche d'Humensis (Belin) se décline dans plusieurs domaines, dont l'histoire, la philosophie et les essais. A paraître en 2022, entre bien d'autres ouvrages, Les Celtes de Jean-Louis Brunaux, L'Impensable Défaite de Gerd Krumeich ou Une histoire du féminisme, de l'Antiquité grecque à nos jours de Séverine Auffret.
Printemps algérien à La Découverte
Pour célébrer les 60 ans de l'indépendance algérienne, La Découverte (ex-Maspero) publie ou republie en poche une douzaine de titres, dus notamment à Pierre Vidal-Naquet, Malika Rahal, Benjamin Stora, Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault ou Annie Rey-Goldzeiguer.
Perrin entre en guerre
Perrin inaugure en janvier une nouvelle collection « Champs de bataille », dédiée à l'histoire militaire et dirigée par Jean Lopez, qui signe le premier titre, Kharkov 1942. Le dernier désastre de l'Armée rouge.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 8[article] On va en parler - La vie de l'édition [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 8.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 8
Note de contenu :
Alpha, l'histoire en poche
La nouvelle collection poche d'Humensis (Belin) se décline dans plusieurs domaines, dont l'histoire, la philosophie et les essais. A paraître en 2022, entre bien d'autres ouvrages, Les Celtes de Jean-Louis Brunaux, L'Impensable Défaite de Gerd Krumeich ou Une histoire du féminisme, de l'Antiquité grecque à nos jours de Séverine Auffret.
Printemps algérien à La Découverte
Pour célébrer les 60 ans de l'indépendance algérienne, La Découverte (ex-Maspero) publie ou republie en poche une douzaine de titres, dus notamment à Pierre Vidal-Naquet, Malika Rahal, Benjamin Stora, Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault ou Annie Rey-Goldzeiguer.
Perrin entre en guerre
Perrin inaugure en janvier une nouvelle collection « Champs de bataille », dédiée à l'histoire militaire et dirigée par Jean Lopez, qui signe le premier titre, Kharkov 1942. Le dernier désastre de l'Armée rouge.
On va en parler - Les gens in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : On va en parler - Les gens Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 8 Langues : Français (fre) Note de contenu : Maurizio Serra
Grand prix au Touquet
Le grand prix de la biographie politique Touquet Paris-Plage 2021 revient à l'historien italien pour Le Mystère Mussolini (traduit chez Perrin, 2021).
Catherine Virlouvet
Chez les Lynx
Spécialiste de la république romaine, l'ancienne directrice de l'École française de Rome a été nommée membre à titre étranger de l'Académie dei Lincei, créée à Rome en 1603.
Géraud Poumarède
Doublement primé
L'historien de l'université Bordeaux-Montaigne a reçu le prix Bordin 2021 de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et le prix Madeleine-Laurain-Portemer 2021 de l'Académie des sciences morales et politiques pour L'Empire de Venise et les Turcs, XVIE-XVIIe siècle (Classiques Garnier, 2020).
Joël Cornette
Primé pour Anne de Bretagne
Le trophée de la biographie Gonzague-Saint-Bris a été remis à Joël Cornette pour Anne de Bretagne (Gallimard, 2021).
Alessandro Barbero
Prix de la Dame Ă la licorne
Récompensant un ouvrage d'histoire médiévale, le prix a été décerné à La Vraie Vie de Dante (1265-1321) chez Flammarion, 2021.
Kevin Riffault
A la BnF
Le jeune énarque a déjà l'expérience des affaires culturelles à la Ville de Paris et des musées au ministère de la Culture. Il devient directeur général de la BNF.
Hommage
Ettore Lepore
L'université Frédéric-II de Naples a rendu hommage à Ettore Lepore, qui y enseigna l'histoire grecque et romaine jusqu'à sa mort, en 1990. Un colloque (20-22 octobre 2021) et un volume réunissant une quinzaine de ses articles historiographiques, Tra Storia antica e moderna (Il Mulino, 2021), ont rappelé l'importance de son oeuvre et la vivacité de sa postérité intellectuelle. Jean Andreau lui rend hommage sur www.lhistoire.fr
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 8[article] On va en parler - Les gens [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 8.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 8
Note de contenu : Maurizio Serra
Grand prix au Touquet
Le grand prix de la biographie politique Touquet Paris-Plage 2021 revient à l'historien italien pour Le Mystère Mussolini (traduit chez Perrin, 2021).
Catherine Virlouvet
Chez les Lynx
Spécialiste de la république romaine, l'ancienne directrice de l'École française de Rome a été nommée membre à titre étranger de l'Académie dei Lincei, créée à Rome en 1603.
Géraud Poumarède
Doublement primé
L'historien de l'université Bordeaux-Montaigne a reçu le prix Bordin 2021 de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et le prix Madeleine-Laurain-Portemer 2021 de l'Académie des sciences morales et politiques pour L'Empire de Venise et les Turcs, XVIE-XVIIe siècle (Classiques Garnier, 2020).
Joël Cornette
Primé pour Anne de Bretagne
Le trophée de la biographie Gonzague-Saint-Bris a été remis à Joël Cornette pour Anne de Bretagne (Gallimard, 2021).
Alessandro Barbero
Prix de la Dame Ă la licorne
Récompensant un ouvrage d'histoire médiévale, le prix a été décerné à La Vraie Vie de Dante (1265-1321) chez Flammarion, 2021.
Kevin Riffault
A la BnF
Le jeune énarque a déjà l'expérience des affaires culturelles à la Ville de Paris et des musées au ministère de la Culture. Il devient directeur général de la BNF.
Hommage
Ettore Lepore
L'université Frédéric-II de Naples a rendu hommage à Ettore Lepore, qui y enseigna l'histoire grecque et romaine jusqu'à sa mort, en 1990. Un colloque (20-22 octobre 2021) et un volume réunissant une quinzaine de ses articles historiographiques, Tra Storia antica e moderna (Il Mulino, 2021), ont rappelé l'importance de son oeuvre et la vivacité de sa postérité intellectuelle. Jean Andreau lui rend hommage sur www.lhistoire.fr
Evènement : Nacht und Nebel au coeur de la machine nazie / Johann Chapoutot in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Evènement : Nacht und Nebel au coeur de la machine nazie Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Johann Chapoutot, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 12-20 Langues : Français (fre) Mots-clés : Nacht und Nebel IIIe Reich Hitler Keitel Note de contenu :
Il y a quatre-vingts ans, le 7 décembre 1941, un décret signé pour Hitler par le maréchal Keitel ordonnait la déportation en Allemagne de tous les opposants au IIIe Reich ou à son armée dans les territoires occupés par l'Allemagne nazie. A terme, ils devaient disparaître dans « la nuit et le brouillard » (Nacht und Nebel), une expression qui a tant marqué la mémoire collective. Ces directives, qui ont touché entre 7 000 et 10 000 personnes, permettent paradoxalement de saisir l'immense désorganisation de la terreur nazie.
En histoire, on le sait, la mémoire peut faire écran - surtout quand elle est portée et transmise par l'écran du cinéma et par la force métaphorique du langage. Au commencement, donc, il y a une expression particulièrement évocatrice, quoique courante, de la langue allemande : bei Nacht und Nebel, littéralement « la nuit, et par temps de brouillard ». Elle désigne tout ce qui est obscur, voire sournois, comme une décision prise entre deux portes, une agression perpétrée « par une nuit sans lune » - autre traduction ou transposition possible.
Disparition administrative
En allemand, l'expression est si courante qu'elle s'impose dans l'usage administratif de la police (SS), de la justice et de l'état-major de la Wehrmacht pour désigner un type particulier de « terroristes » ou de « partisans » (entendez, résistants) visés par des « directives » que le maréchal Keitel, chef de l'OKW (commandement suprême de la Wehrmacht), signe ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 12-20[article] Evènement : Nacht und Nebel au coeur de la machine nazie [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Johann Chapoutot, Auteur . - 2022 . - p. 12-20.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 12-20
Mots-clés : Nacht und Nebel IIIe Reich Hitler Keitel Note de contenu :
Il y a quatre-vingts ans, le 7 décembre 1941, un décret signé pour Hitler par le maréchal Keitel ordonnait la déportation en Allemagne de tous les opposants au IIIe Reich ou à son armée dans les territoires occupés par l'Allemagne nazie. A terme, ils devaient disparaître dans « la nuit et le brouillard » (Nacht und Nebel), une expression qui a tant marqué la mémoire collective. Ces directives, qui ont touché entre 7 000 et 10 000 personnes, permettent paradoxalement de saisir l'immense désorganisation de la terreur nazie.
En histoire, on le sait, la mémoire peut faire écran - surtout quand elle est portée et transmise par l'écran du cinéma et par la force métaphorique du langage. Au commencement, donc, il y a une expression particulièrement évocatrice, quoique courante, de la langue allemande : bei Nacht und Nebel, littéralement « la nuit, et par temps de brouillard ». Elle désigne tout ce qui est obscur, voire sournois, comme une décision prise entre deux portes, une agression perpétrée « par une nuit sans lune » - autre traduction ou transposition possible.
Disparition administrative
En allemand, l'expression est si courante qu'elle s'impose dans l'usage administratif de la police (SS), de la justice et de l'état-major de la Wehrmacht pour désigner un type particulier de « terroristes » ou de « partisans » (entendez, résistants) visés par des « directives » que le maréchal Keitel, chef de l'OKW (commandement suprême de la Wehrmacht), signe ...
Evènement : L'oeuvre ouverte d'Alain Resnais / Sylvie Lindeperg in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Evènement : L'oeuvre ouverte d'Alain Resnais Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Sylvie Lindeperg, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 18 Langues : Français (fre) Mots-clés : film déportés Shoah Nuit et brouillard Resnais Note de contenu : Tourné en 1955, ce film sur les déportés de la Résistance est devenu un témoignage emblématique sur la Shoah.
Lorsque le producteur Anatole Dauman proposa à Alain Resnais la réalisation d'un film sur le système concentrationnaire, il se heurta à un refus. Le jeune cinéaste se sentait illégitime pour aborder la tragédie des camps. Un accord fut cependant trouvé : le commentaire du court-métrage serait confié à l'écrivain-poète Jean Cayrol, ancien déporté à Mauthausen. Henri Michel et Olga Wormser, conseillers historiques de Nuit et Brouillard, avaient initié le projet quelques mois plus tôt, sous l'égide du Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale et du Réseau du souvenir. Sur le contrat signé par Resnais en mai 1955, le documentaire s'intitulait encore « Résistance et Déportation ». Son titre définitif fut arrêté quelques semaines plus tard. L'expression « Nuit et Brouillard » ne changeait pas fondamentalement le sens d'un projet focalisé sur le sort des déportés de la Résistance, bien qu'elle le réduisît à la catégorie instaurée par le décret Keitel de 1941 ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 18[article] Evènement : L'oeuvre ouverte d'Alain Resnais [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Sylvie Lindeperg, Auteur . - 2022 . - p. 18.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 18
Mots-clés : film déportés Shoah Nuit et brouillard Resnais Note de contenu : Tourné en 1955, ce film sur les déportés de la Résistance est devenu un témoignage emblématique sur la Shoah.
Lorsque le producteur Anatole Dauman proposa à Alain Resnais la réalisation d'un film sur le système concentrationnaire, il se heurta à un refus. Le jeune cinéaste se sentait illégitime pour aborder la tragédie des camps. Un accord fut cependant trouvé : le commentaire du court-métrage serait confié à l'écrivain-poète Jean Cayrol, ancien déporté à Mauthausen. Henri Michel et Olga Wormser, conseillers historiques de Nuit et Brouillard, avaient initié le projet quelques mois plus tôt, sous l'égide du Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale et du Réseau du souvenir. Sur le contrat signé par Resnais en mai 1955, le documentaire s'intitulait encore « Résistance et Déportation ». Son titre définitif fut arrêté quelques semaines plus tard. L'expression « Nuit et Brouillard » ne changeait pas fondamentalement le sens d'un projet focalisé sur le sort des déportés de la Résistance, bien qu'elle le réduisît à la catégorie instaurée par le décret Keitel de 1941 ...
Actualité : De Milo à Paris, les tribulations d'une "Vénus" / Vincent Touze in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Actualité : De Milo à Paris, les tribulations d'une "Vénus" Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Vincent Touze, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 22-23 Langues : Français (fre) Mots-clés : Milo Vénus Paris péripéties Note de contenu :
Offerte à Louis XVIII en 1821, la Vénus de Milo est l'un des joyaux du Louvre. Les archives racontent les péripéties qui se jouèrent autour de son acquisition.
Le 8 avril 1820 Yorgos Kentrotas, un paysan, trouve une statue en marbre de Paros dans son champ de l'île grecque de Milo, alors sous domination ottomane. La découverte de celle que nous connaissons comme la Vénus de Milo se fait « en présence de l'élève de marine Olivier Voutier », alors dans l'équipage de la goélette l'Estafette, indique le cartel du Louvre, où la sculpture est exposée depuis tout juste deux siècles. Voutier lui-même le raconte en 1874, avec à l'appui des croquis de la Vénus, qui ne peuvent avoir été faits qu'à l'époque de la découverte.
D'après les archives, le vice-consul français Louis Brest est rapidement appelé. Il flaire une découverte et appelle les commandants de marine présents. Le capitaine Dauriac écrit dès le 11 avril au consul général Pierre David à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie). Brest fait de même le lendemain. Si l'on connaissait le contenu de ces lettres, publiées à la fin du XIX ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 22-23[article] Actualité : De Milo à Paris, les tribulations d'une "Vénus" [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Vincent Touze, Auteur . - 2022 . - p. 22-23.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 22-23
Mots-clés : Milo Vénus Paris péripéties Note de contenu :
Offerte à Louis XVIII en 1821, la Vénus de Milo est l'un des joyaux du Louvre. Les archives racontent les péripéties qui se jouèrent autour de son acquisition.
Le 8 avril 1820 Yorgos Kentrotas, un paysan, trouve une statue en marbre de Paros dans son champ de l'île grecque de Milo, alors sous domination ottomane. La découverte de celle que nous connaissons comme la Vénus de Milo se fait « en présence de l'élève de marine Olivier Voutier », alors dans l'équipage de la goélette l'Estafette, indique le cartel du Louvre, où la sculpture est exposée depuis tout juste deux siècles. Voutier lui-même le raconte en 1874, avec à l'appui des croquis de la Vénus, qui ne peuvent avoir été faits qu'à l'époque de la découverte.
D'après les archives, le vice-consul français Louis Brest est rapidement appelé. Il flaire une découverte et appelle les commandants de marine présents. Le capitaine Dauriac écrit dès le 11 avril au consul général Pierre David à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie). Brest fait de même le lendemain. Si l'on connaissait le contenu de ces lettres, publiées à la fin du XIX ...
Actualité : La préhistoire sans préjugés / Boris Valentin in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Actualité : La préhistoire sans préjugés Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Boris Valentin, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 24 Langues : Français (fre) Mots-clés : préhistoire préjugé femme Note de contenu : Longtemps délaissé par les historiens, le Paléolithique est désormais à la mode. Comment s'y retrouver face à la production.
Sur les débuts de l'histoire, ouvrages et films documentaires se multiplient. De plus, ce passé très lointain est revenu, depuis quelques années, au programme de la classe de sixième, ce dont on se réjouit. Ceux qui l'enseignent sont néanmoins nombreux à considérer que ces temps reculés sont « délaissés », comme nous l'apprend un récent sondage, et rares sont ceux qui expriment une préférence pour ce qui représente pourtant plus de 99 % de l'histoire humaine (L'Histoire n° 488, p. 45). C'est peut-être la conséquence d'une longue éviction des études secondaires, les idées reçues ayant eu le champ libre.
Lady Sapiens, de Thomas Cirotteau, Jennifer Kerner et Éric Pincas (Les Arènes, 2021), s'attaque aux préjugés misogynes qu'accumulèrent longtemps des archéologues pour la plupart masculins et cherche à répondre à cette question principale : « Que savons-nous de la femme de la préhistoire ? » - restreinte ici au Paléolithique récent (4 ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 24[article] Actualité : La préhistoire sans préjugés [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Boris Valentin, Auteur . - 2022 . - p. 24.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 24
Mots-clés : préhistoire préjugé femme Note de contenu : Longtemps délaissé par les historiens, le Paléolithique est désormais à la mode. Comment s'y retrouver face à la production.
Sur les débuts de l'histoire, ouvrages et films documentaires se multiplient. De plus, ce passé très lointain est revenu, depuis quelques années, au programme de la classe de sixième, ce dont on se réjouit. Ceux qui l'enseignent sont néanmoins nombreux à considérer que ces temps reculés sont « délaissés », comme nous l'apprend un récent sondage, et rares sont ceux qui expriment une préférence pour ce qui représente pourtant plus de 99 % de l'histoire humaine (L'Histoire n° 488, p. 45). C'est peut-être la conséquence d'une longue éviction des études secondaires, les idées reçues ayant eu le champ libre.
Lady Sapiens, de Thomas Cirotteau, Jennifer Kerner et Éric Pincas (Les Arènes, 2021), s'attaque aux préjugés misogynes qu'accumulèrent longtemps des archéologues pour la plupart masculins et cherche à répondre à cette question principale : « Que savons-nous de la femme de la préhistoire ? » - restreinte ici au Paléolithique récent (4 ...
Actualité : Pessac 2021, palmarès / Sylvain Venayre in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Actualité : Pessac 2021, palmarès Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Sylvain Venayre, Auteur ; Ania Szczepanska, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 26-27 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pessac festival 2021 Note de contenu :
Si pour sa 31e édition, le Festival international du film d'histoire de Pessac voulait mettre à l'honneur le XIXe siècle, c'est le XXe siècle qui a été plébiscité par les jurys.
Pendant une semaine, du 15 au 21 novembre 2021, les amateurs d'histoire et de cinéma ont eu droit à une magnifique programmation de films mettant en scène le « siècle de la vapeur », ainsi qu'à de passionnants débats réunissant quelques-uns des meilleurs spécialistes français de l'histoire du XIXe siècle. Les films, notons-le, étaient le plus souvent anciens, appartenant davantage à l'histoire du cinéma qu'à son actualité. Fait remarquable, en effet : en dépit de l'intention des organisateurs, invitant à poser un nouveau regard sur le XIXe siècle, les douze films présentés en avant-première, dans le cadre de la compétition fiction, concernaient presque tous le XXe siècle. Seul Miss Marx, biopic approximatif de Susanna Nicchiarelli sur Eleanor, la plus jeune fille de Karl Marx, concernait le XIXe siècle.
Il faut l'admettre, en dépit de la récente adaptation d'Illusions perdues : au cinéma, l'histoire, c'est d'abord l'histoire du XXe siècle. ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 26-27[article] Actualité : Pessac 2021, palmarès [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Sylvain Venayre, Auteur ; Ania Szczepanska, Auteur . - 2022 . - p. 26-27.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 26-27
Mots-clés : Pessac festival 2021 Note de contenu :
Si pour sa 31e édition, le Festival international du film d'histoire de Pessac voulait mettre à l'honneur le XIXe siècle, c'est le XXe siècle qui a été plébiscité par les jurys.
Pendant une semaine, du 15 au 21 novembre 2021, les amateurs d'histoire et de cinéma ont eu droit à une magnifique programmation de films mettant en scène le « siècle de la vapeur », ainsi qu'à de passionnants débats réunissant quelques-uns des meilleurs spécialistes français de l'histoire du XIXe siècle. Les films, notons-le, étaient le plus souvent anciens, appartenant davantage à l'histoire du cinéma qu'à son actualité. Fait remarquable, en effet : en dépit de l'intention des organisateurs, invitant à poser un nouveau regard sur le XIXe siècle, les douze films présentés en avant-première, dans le cadre de la compétition fiction, concernaient presque tous le XXe siècle. Seul Miss Marx, biopic approximatif de Susanna Nicchiarelli sur Eleanor, la plus jeune fille de Karl Marx, concernait le XIXe siècle.
Il faut l'admettre, en dépit de la récente adaptation d'Illusions perdues : au cinéma, l'histoire, c'est d'abord l'histoire du XXe siècle. ...
Actualité : Le nouveau Moyen âge est arrivé / Fabien Paquet in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Actualité : Le nouveau Moyen âge est arrivé Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Fabien Paquet, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 28-29 Langues : Français (fre) Mots-clés : Réforme moyen âge Grégoire VII Note de contenu : La réforme grégorienne est une charnière de l'époque médiévale. Deux synthèses font le point sur les travaux les plus récents.
Une soixantaine d'années après La Civilisation de l'Occident médiéval de Jacques Le Goff, quarante ans après Enfance de l'Europe de Robert Fossier et vingt ans après le Dictionnaire du Moyen Age de Claude Gauvard, d'Alain de Libéra et de Michel Zink, deux entreprises témoignent du renouvellement, depuis plusieurs décennies, de nos questionnements et connaissances sur le Moyen Age : un imposant volume collectif, dirigé par Florian Mazel au Seuil, et une synthèse de Joël Chandelier chez Belin.
Deux ouvrages différents dans leur forme. Joël Chandelier assume le pari d'un auteur unique, dont la plume est largement celle de l'enseignant. Florian Mazel cède la parole à une quarantaine de spécialistes dans des chapitres soit limités dans le temps, soit thématiques et transversaux, par exemple sur l'image, les sciences ou l'alimentation. S'il est difficile de rendre compte de leur richesse, trois axes, cependant, ressortent.
Les de ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 28-29[article] Actualité : Le nouveau Moyen âge est arrivé [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Fabien Paquet, Auteur . - 2022 . - p. 28-29.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 28-29
Mots-clés : Réforme moyen âge Grégoire VII Note de contenu : La réforme grégorienne est une charnière de l'époque médiévale. Deux synthèses font le point sur les travaux les plus récents.
Une soixantaine d'années après La Civilisation de l'Occident médiéval de Jacques Le Goff, quarante ans après Enfance de l'Europe de Robert Fossier et vingt ans après le Dictionnaire du Moyen Age de Claude Gauvard, d'Alain de Libéra et de Michel Zink, deux entreprises témoignent du renouvellement, depuis plusieurs décennies, de nos questionnements et connaissances sur le Moyen Age : un imposant volume collectif, dirigé par Florian Mazel au Seuil, et une synthèse de Joël Chandelier chez Belin.
Deux ouvrages différents dans leur forme. Joël Chandelier assume le pari d'un auteur unique, dont la plume est largement celle de l'enseignant. Florian Mazel cède la parole à une quarantaine de spécialistes dans des chapitres soit limités dans le temps, soit thématiques et transversaux, par exemple sur l'image, les sciences ou l'alimentation. S'il est difficile de rendre compte de leur richesse, trois axes, cependant, ressortent.
Les de ...
Actualité : Bernanos l'inclassable / Michel WINOCK in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Actualité : Bernanos l'inclassable Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Michel WINOCK, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 30-31 Langues : Français (fre) Mots-clés : Bernanos indocile Note de contenu : Une nouvelle biographie très fouillée de Georges Bernanos due à François Angelier, approfondit notre connaissance sur l'un des écrivains français du XXe siècle les moins faciles à étiqueter.
Je suis content d'avoir si mal bâti ma vie qu'on y peut entrer comme dans un moulin. » Oui, mais un moulin qui change beaucoup de place, comme nous le montre François Angelier dans sa belle biographie de Georges Bernanos. Près d'une trentaine de déménagements, trois accidents de moto, tirant toujours le diable par la queue, il a roulé sa bosse de l'Artois en Provence, d'Espagne au Brésil, de Paris en Tunisie, semant sur sa route des romans qui fascinent, en créant notamment la figure du prêtre en héros déchiré entre le mal et la sainteté (Sous le soleil de Satan, Plon, 1926 ; Journal d'un curé de campagne, Plon, 1936).
Profondément engagé dans l'histoire politique, rejeté successivement par tous les camps - par la gauche, parce qu'il est monarchiste et antisémite ; par la droite, parce qu'il fulmine contre les « hommes d'ordre », contre Franco et Pétain -, Bernanos a pu être aussi admiré par tous les réfractaires, les indociles, le ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 30-31[article] Actualité : Bernanos l'inclassable [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Michel WINOCK, Auteur . - 2022 . - p. 30-31.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 30-31
Mots-clés : Bernanos indocile Note de contenu : Une nouvelle biographie très fouillée de Georges Bernanos due à François Angelier, approfondit notre connaissance sur l'un des écrivains français du XXe siècle les moins faciles à étiqueter.
Je suis content d'avoir si mal bâti ma vie qu'on y peut entrer comme dans un moulin. » Oui, mais un moulin qui change beaucoup de place, comme nous le montre François Angelier dans sa belle biographie de Georges Bernanos. Près d'une trentaine de déménagements, trois accidents de moto, tirant toujours le diable par la queue, il a roulé sa bosse de l'Artois en Provence, d'Espagne au Brésil, de Paris en Tunisie, semant sur sa route des romans qui fascinent, en créant notamment la figure du prêtre en héros déchiré entre le mal et la sainteté (Sous le soleil de Satan, Plon, 1926 ; Journal d'un curé de campagne, Plon, 1936).
Profondément engagé dans l'histoire politique, rejeté successivement par tous les camps - par la gauche, parce qu'il est monarchiste et antisémite ; par la droite, parce qu'il fulmine contre les « hommes d'ordre », contre Franco et Pétain -, Bernanos a pu être aussi admiré par tous les réfractaires, les indociles, le ...
Dossier : Pasteur in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Dossier : Pasteur Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 32-55 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur science Note de contenu : La France s'apprête à célébrer en grande pompe le bicentenaire de la naissance de Pasteur. Au-delà du mythe entourant son parcours, depuis la pasteurisation jusqu'à la vaccination, les chercheurs ont complexifié son portrait. Ils ont pu mettre en avant sa dimension entrepreneuriale, son sens de La communication, voire ses coups de chance ou ses mensonges. Reste une oeuvre scientifique qui marque encore notre temps. Et des Instituts qui ont essaimé partout dans le monde, faisant de la France le pays de Pasteur.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 32-55[article] Dossier : Pasteur [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 32-55.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 32-55
Mots-clés : Pasteur science Note de contenu : La France s'apprête à célébrer en grande pompe le bicentenaire de la naissance de Pasteur. Au-delà du mythe entourant son parcours, depuis la pasteurisation jusqu'à la vaccination, les chercheurs ont complexifié son portrait. Ils ont pu mettre en avant sa dimension entrepreneuriale, son sens de La communication, voire ses coups de chance ou ses mensonges. Reste une oeuvre scientifique qui marque encore notre temps. Et des Instituts qui ont essaimé partout dans le monde, faisant de la France le pays de Pasteur. Dossier : Pasteur - La fabrique d'un savant national / Guillaume Lachenal in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Dossier : Pasteur - La fabrique d'un savant national Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Guillaume Lachenal, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 34-37 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur scientifique origine Note de contenu : Scientifique de premier plan, Pasteur fut aussi un entrepreneur talentueux, qui sut mobiliser ses réseaux économique, politique et mondain pour construire sa carrière et sa propre légende. Retour sur l'oeuvre du savant et l'élaboration du mythe.
L'Histoire : Pouvez-vous revenir sur les origines et les années de formation de Pasteur ? En quoi influencent-elles la suite de sa carrière ?
Guillaume Lachenal : Louis Pasteur naît en 1822 dans le Jura, dans un milieu que l'on pourrait qualifier de « petite bourgeoisie provinciale ». Son père, ancien sergent dans l'armée de Napoléon, est propriétaire d'une tannerie à Arbois. Pasteur grandit donc dans un milieu artisanal et proto-industriel, où se mêlent des notions de chimie, de cuisine, des pratiques expérimentales. Sans tomber dans l'illusion rétrospective, cet environnement de jeunesse explique peut-être la sensibilité particulière qu'il développera à l'égard de la démarche expérimentale en laboratoire et des applications économiques de la science. De la nostalgie paternelle pour l'épopée napoléonienne il gardera également une admiration sans faille pour Napoléon Ier, et un attachement réel pour le régime de son neveu Napoléon ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 34-37[article] Dossier : Pasteur - La fabrique d'un savant national [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Guillaume Lachenal, Auteur . - 2022 . - p. 34-37.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 34-37
Mots-clés : Pasteur scientifique origine Note de contenu : Scientifique de premier plan, Pasteur fut aussi un entrepreneur talentueux, qui sut mobiliser ses réseaux économique, politique et mondain pour construire sa carrière et sa propre légende. Retour sur l'oeuvre du savant et l'élaboration du mythe.
L'Histoire : Pouvez-vous revenir sur les origines et les années de formation de Pasteur ? En quoi influencent-elles la suite de sa carrière ?
Guillaume Lachenal : Louis Pasteur naît en 1822 dans le Jura, dans un milieu que l'on pourrait qualifier de « petite bourgeoisie provinciale ». Son père, ancien sergent dans l'armée de Napoléon, est propriétaire d'une tannerie à Arbois. Pasteur grandit donc dans un milieu artisanal et proto-industriel, où se mêlent des notions de chimie, de cuisine, des pratiques expérimentales. Sans tomber dans l'illusion rétrospective, cet environnement de jeunesse explique peut-être la sensibilité particulière qu'il développera à l'égard de la démarche expérimentale en laboratoire et des applications économiques de la science. De la nostalgie paternelle pour l'épopée napoléonienne il gardera également une admiration sans faille pour Napoléon Ier, et un attachement réel pour le régime de son neveu Napoléon ...
Dossier : Pasteur au combat - la révolution Bruno Latour / Patrick BOUCHERON in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Dossier : Pasteur au combat - la révolution Bruno Latour Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Patrick BOUCHERON, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 38-45 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur scientifique révolution microbes Note de contenu :
L'anthropologue raconte un Pasteur porte-parole d'une société en guerre contre les microbes.
Nous sommes en guerre. » Si la lutte contre l'épidémie inspire aux dirigeants une rhétorique martiale, ce n'est pas seulement parce qu'elle permet de décréter la mobilisation générale en désarmant par avance toute contestation. C'est aussi parce qu'elle exprime une connivence profonde entre l'imaginaire guerrier et la pensée médicale. Voici pourquoi l'histoire de la révolution microbienne de Pasteur peut se raconter comme une épopée napoléonienne. Tel est le parti pris narratif qu'adopte Bruno Latour dans un livre ébouriffant, paru en 1984 sous le titre Les Microbes. Guerre et paix (Métailié). L'anthropologue a alors 37 ans et c'est son deuxième livre. Il avait déjà fait sensation cinq ans plus tôt en publiant, avec Steve Woolgar, l'ethnologie d'un laboratoire de recherches en neuroendocrinologie de San Diego (La Vie de laboratoire, paru en anglais en 1979, traduit en français en 1988 à la Découverte). Il y démontrait comment la construction sociale des fa ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 38-45[article] Dossier : Pasteur au combat - la révolution Bruno Latour [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Patrick BOUCHERON, Auteur . - 2022 . - p. 38-45.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 38-45
Mots-clés : Pasteur scientifique révolution microbes Note de contenu :
L'anthropologue raconte un Pasteur porte-parole d'une société en guerre contre les microbes.
Nous sommes en guerre. » Si la lutte contre l'épidémie inspire aux dirigeants une rhétorique martiale, ce n'est pas seulement parce qu'elle permet de décréter la mobilisation générale en désarmant par avance toute contestation. C'est aussi parce qu'elle exprime une connivence profonde entre l'imaginaire guerrier et la pensée médicale. Voici pourquoi l'histoire de la révolution microbienne de Pasteur peut se raconter comme une épopée napoléonienne. Tel est le parti pris narratif qu'adopte Bruno Latour dans un livre ébouriffant, paru en 1984 sous le titre Les Microbes. Guerre et paix (Métailié). L'anthropologue a alors 37 ans et c'est son deuxième livre. Il avait déjà fait sensation cinq ans plus tôt en publiant, avec Steve Woolgar, l'ethnologie d'un laboratoire de recherches en neuroendocrinologie de San Diego (La Vie de laboratoire, paru en anglais en 1979, traduit en français en 1988 à la Découverte). Il y démontrait comment la construction sociale des fa ...
Dossier : Pasteur - Koch, le rival allemand / Johann Chapoutot in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Dossier : Pasteur - Koch, le rival allemand Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Johann Chapoutot, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 43 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur scientifique Koch Note de contenu : En 1882 le médecin prussien découvre le bacille de la tuberculose.
Depuis mars 2020 tous les Allemands connaissent le « RKI » ou Robert-Koch-Institut, dont les conférences de presse, tenues par son président, le professeur Lothar Wieler, font office de baromètre de l'épidémie. Les données du RKI font référence dans les médias et chez les décideurs politiques. Une victoire posthume de Robert Koch sur Louis Pasteur ?
L'Institut Pasteur fut fondé en 1887, par souscription publique, après l'éclatant succès de la vaccination contre la rage dont un petit Alsacien, Joseph Meister - quel symbole pour le patriote Pasteur, traumatisé par la défaite de 1870 -, fut l'heureux cobaye humain. En 1891, c'est dans l'espoir que le découvreur du « bacille de la tuberculose » ait également trouvé le remède à cette maladie (la « tuberculine ») que l'Institut Robert-Koch est fondé à Berlin : le 4 août 1890 Robert Koch, à la demande des autorités de l'empire, soucieuses d'illustrer la médecine allemande, a annoncé cette découverte majeure au cours du 10e Congrès ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 43[article] Dossier : Pasteur - Koch, le rival allemand [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Johann Chapoutot, Auteur . - 2022 . - p. 43.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 43
Mots-clés : Pasteur scientifique Koch Note de contenu : En 1882 le médecin prussien découvre le bacille de la tuberculose.
Depuis mars 2020 tous les Allemands connaissent le « RKI » ou Robert-Koch-Institut, dont les conférences de presse, tenues par son président, le professeur Lothar Wieler, font office de baromètre de l'épidémie. Les données du RKI font référence dans les médias et chez les décideurs politiques. Une victoire posthume de Robert Koch sur Louis Pasteur ?
L'Institut Pasteur fut fondé en 1887, par souscription publique, après l'éclatant succès de la vaccination contre la rage dont un petit Alsacien, Joseph Meister - quel symbole pour le patriote Pasteur, traumatisé par la défaite de 1870 -, fut l'heureux cobaye humain. En 1891, c'est dans l'espoir que le découvreur du « bacille de la tuberculose » ait également trouvé le remède à cette maladie (la « tuberculine ») que l'Institut Robert-Koch est fondé à Berlin : le 4 août 1890 Robert Koch, à la demande des autorités de l'empire, soucieuses d'illustrer la médecine allemande, a annoncé cette découverte majeure au cours du 10e Congrès ...
Dossier : Pasteur - Mausolée pour un saint laïque / Yann Potin in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
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Titre : Dossier : Pasteur - Mausolée pour un saint laïque Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Yann Potin, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 46-47 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur scientifique mausolée Note de contenu : Depuis 1896, le corps de Pasteur repose dans une chapelle aménagée sous son Institut à Paris.
Enchâssé à l'instar des reliques d'un saint dans une basilique de pèlerinage, le corps de Louis Pasteur forme le soubassement de son oeuvre : la fondation repose donc sur le corps du fondateur. L'escalier circulaire qui forme l'entrée du bâtiment le plus ancien de l'Institut Pasteur à Paris coïncide en effet avec la voûte d'une chapelle souterraine consacrée, où son corps repose depuis 1896, en compagnie de son épouse, morte en 1910. Si cette mise en scène inouïe se devine à peine sous des marches en partie translucides, elle suppose que tout visiteur franchissant le seuil de l'Institut passe symboliquement au-dessus d'une dépouille consacrant par contact laboratoires, bibliothèques et lieux d'enseignement.
La veuve refuse le Panthéon
Le mausolée a été commandé par la veuve du savant et il fut conçu par son propre fils, Jean-Baptiste Pasteur, selon un processus mémoriel à la fois privatif et collectif. Au lendemain de la mort du savant à Villeneuve- ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 46-47[article] Dossier : Pasteur - Mausolée pour un saint laïque [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Yann Potin, Auteur . - 2022 . - p. 46-47.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 46-47
Mots-clés : Pasteur scientifique mausolée Note de contenu : Depuis 1896, le corps de Pasteur repose dans une chapelle aménagée sous son Institut à Paris.
Enchâssé à l'instar des reliques d'un saint dans une basilique de pèlerinage, le corps de Louis Pasteur forme le soubassement de son oeuvre : la fondation repose donc sur le corps du fondateur. L'escalier circulaire qui forme l'entrée du bâtiment le plus ancien de l'Institut Pasteur à Paris coïncide en effet avec la voûte d'une chapelle souterraine consacrée, où son corps repose depuis 1896, en compagnie de son épouse, morte en 1910. Si cette mise en scène inouïe se devine à peine sous des marches en partie translucides, elle suppose que tout visiteur franchissant le seuil de l'Institut passe symboliquement au-dessus d'une dépouille consacrant par contact laboratoires, bibliothèques et lieux d'enseignement.
La veuve refuse le Panthéon
Le mausolée a été commandé par la veuve du savant et il fut conçu par son propre fils, Jean-Baptiste Pasteur, selon un processus mémoriel à la fois privatif et collectif. Au lendemain de la mort du savant à Villeneuve- ...
Dossier : Pasteur - Une aventure mondiale / Anne Marie Moulin in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Dossier : Pasteur - Une aventure mondiale Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Anne Marie Moulin, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 48-55 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur scientifique monde instituts Note de contenu : Depuis la fin du XIXe siècle, les Instituts Pasteur se sont multipliés à travers le monde, assurant au savant une postérité durable. Vecteurs d'une science universelle, ils sont en même temps partie prenante des rivalités entre puissances.
Pasteur est le scientifique français le plus connu aux États-Unis. Son nom est synonyme de progrès médical et la théorie microbienne des maladies développée à la fin du XIXe siècle est souvent qualifiée de « pastorienne ». Une vraie chance pour le grand homme que d'avoir ce patronyme aisé à mémoriser et rappelant un métier si répandu et si utile, au propre comme au figuré : du pasteur dépend la santé du troupeau, qu'il mène les animaux aux verts pâturages ou qu'il transhume dans les déserts. Mais il est aussi conducteur des hommes, qu'il guide vers des pays où abondent le lait et le miel. Au Moyen Age, les auteurs des miroirs aux princes se référaient au modèle du pasteur quand ils exhortaient les souverains à veiller sur leurs sujets. Le Christ a filé la métaphore dans ses recommandations à ses disciples : « Pais mes brebis » (Évangile, Jean, XXI, 15-17). Paroles testamentaires qui trouvent un écho dans les propos prêtés à Pasteur au soir de sa vie, sous le chêne du parc d ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 48-55[article] Dossier : Pasteur - Une aventure mondiale [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Anne Marie Moulin, Auteur . - 2022 . - p. 48-55.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 48-55
Mots-clés : Pasteur scientifique monde instituts Note de contenu : Depuis la fin du XIXe siècle, les Instituts Pasteur se sont multipliés à travers le monde, assurant au savant une postérité durable. Vecteurs d'une science universelle, ils sont en même temps partie prenante des rivalités entre puissances.
Pasteur est le scientifique français le plus connu aux États-Unis. Son nom est synonyme de progrès médical et la théorie microbienne des maladies développée à la fin du XIXe siècle est souvent qualifiée de « pastorienne ». Une vraie chance pour le grand homme que d'avoir ce patronyme aisé à mémoriser et rappelant un métier si répandu et si utile, au propre comme au figuré : du pasteur dépend la santé du troupeau, qu'il mène les animaux aux verts pâturages ou qu'il transhume dans les déserts. Mais il est aussi conducteur des hommes, qu'il guide vers des pays où abondent le lait et le miel. Au Moyen Age, les auteurs des miroirs aux princes se référaient au modèle du pasteur quand ils exhortaient les souverains à veiller sur leurs sujets. Le Christ a filé la métaphore dans ses recommandations à ses disciples : « Pais mes brebis » (Évangile, Jean, XXI, 15-17). Paroles testamentaires qui trouvent un écho dans les propos prêtés à Pasteur au soir de sa vie, sous le chêne du parc d ...
Dossier : Pasteur - Les casques blancs en Afrique / Guillaume Lachenal in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Dossier : Pasteur - Les casques blancs en Afrique Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Guillaume Lachenal, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 52-53 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur scientifique Afrique Note de contenu : Les colonies sont pour les pasteuriens un terrain d'expérimentation.
A Pasteur l'Afrique noire reconnaissante ». L'inscription, au fronton de l'Institut Pasteur de Dakar depuis le début des années 1930, revendique sans ambages le rôle colonial de la science pasteurienne. La réciproque est vraie aussi : l'Afrique tropicale a constitué une occasion rêvée pour imaginer des interventions de santé publique d'une ambition inégalée en métropole. A l'Afrique les pasteuriens reconnaissants.
« Faire du Noir »
L'idylle se noue au début du XXe siècle. La présence des pasteuriens est déjà bien affirmée au Maghreb (les Instituts Pasteur de Tunis et d'Alger sont créés respectivement en 1893 et 1894), mais le contexte est différent dans les colonies d'Afrique tropicale, où la science et la médecine relèvent encore de l'exploration, au service d'une économie extractive balbutiante. En 1906 le pasteurien Gustave Martin conduit ainsi une « mission d'études de la maladie du sommeil » au Congo français, sous l'égide de la Société ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 52-53[article] Dossier : Pasteur - Les casques blancs en Afrique [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Guillaume Lachenal, Auteur . - 2022 . - p. 52-53.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 52-53
Mots-clés : Pasteur scientifique Afrique Note de contenu : Les colonies sont pour les pasteuriens un terrain d'expérimentation.
A Pasteur l'Afrique noire reconnaissante ». L'inscription, au fronton de l'Institut Pasteur de Dakar depuis le début des années 1930, revendique sans ambages le rôle colonial de la science pasteurienne. La réciproque est vraie aussi : l'Afrique tropicale a constitué une occasion rêvée pour imaginer des interventions de santé publique d'une ambition inégalée en métropole. A l'Afrique les pasteuriens reconnaissants.
« Faire du Noir »
L'idylle se noue au début du XXe siècle. La présence des pasteuriens est déjà bien affirmée au Maghreb (les Instituts Pasteur de Tunis et d'Alger sont créés respectivement en 1893 et 1894), mais le contexte est différent dans les colonies d'Afrique tropicale, où la science et la médecine relèvent encore de l'exploration, au service d'une économie extractive balbutiante. En 1906 le pasteurien Gustave Martin conduit ainsi une « mission d'études de la maladie du sommeil » au Congo français, sous l'égide de la Société ...
Dossier : Pasteur - Pourquoi il faut le commémorer / Maxime Schwartz in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Dossier : Pasteur - Pourquoi il faut le commémorer Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Maxime Schwartz, Auteur ; Pascale Cossart, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 54 Langues : Français (fre) Mots-clés : Pasteur scientifique commémorer 2022 Note de contenu : L'Académie des sciences et l'Institut Pasteur ouvrent une année de célébrations qui culminera en décembre avec l'anniversaire de la naissance de Pasteur.
En 2022 nous commémorons la naissance de Louis Pasteur, il y a deux cents ans. Une commémoration de plus, peut-on penser ! Pourtant, celle-ci est hautement justifiée, concernant celui qui est sans doute un des savants français les plus célèbres, et dont l'oeuvre eut des conséquences qui se font encore sentir aujourd'hui, tant en science que dans notre vie courante.
Ses travaux de chimiste sur les tartrates, alors qu'il était très jeune chercheur, ont révélé que les molécules étaient des objets à trois dimensions. Or toute la biologie moderne tente d'expliquer les phénomènes biologiques par des interactions entre molécules, interactions dictées par la forme de celles-ci. Pensez à l'interaction du coronavirus SARS-CoV-2 avec son « récepteur » sur les cellules.
La découverte par Pasteur du rôle joué par les microbes dans les fermentations a révolutionné l'industrie agroalimentaire, qui a de plus bénéficié pour la conservation des aliments de la « pasteurisation » mise a ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 54[article] Dossier : Pasteur - Pourquoi il faut le commémorer [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Maxime Schwartz, Auteur ; Pascale Cossart, Auteur . - 2022 . - p. 54.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 54
Mots-clés : Pasteur scientifique commémorer 2022 Note de contenu : L'Académie des sciences et l'Institut Pasteur ouvrent une année de célébrations qui culminera en décembre avec l'anniversaire de la naissance de Pasteur.
En 2022 nous commémorons la naissance de Louis Pasteur, il y a deux cents ans. Une commémoration de plus, peut-on penser ! Pourtant, celle-ci est hautement justifiée, concernant celui qui est sans doute un des savants français les plus célèbres, et dont l'oeuvre eut des conséquences qui se font encore sentir aujourd'hui, tant en science que dans notre vie courante.
Ses travaux de chimiste sur les tartrates, alors qu'il était très jeune chercheur, ont révélé que les molécules étaient des objets à trois dimensions. Or toute la biologie moderne tente d'expliquer les phénomènes biologiques par des interactions entre molécules, interactions dictées par la forme de celles-ci. Pensez à l'interaction du coronavirus SARS-CoV-2 avec son « récepteur » sur les cellules.
La découverte par Pasteur du rôle joué par les microbes dans les fermentations a révolutionné l'industrie agroalimentaire, qui a de plus bénéficié pour la conservation des aliments de la « pasteurisation » mise a ...
L'Atelier des CHERCHEURS - Feuilleton - 5. Le privilège, un levier pour l'économie / Anne Conchon in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : L'Atelier des CHERCHEURS - Feuilleton - 5. Le privilège, un levier pour l'économie Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Anne Conchon, Auteur ; Pauline Lemaigre-Gaffier, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 62-63 Langues : Français (fre) Mots-clés : histoire économique privilège Note de contenu : Le privilège a longtemps été fustigé comme une entrave à l'activité économique. Une vaste enquête montre au contraire comment il a pu, aux XVIIE et XVIIIe siècles, stimuler l'innovation et encourager les entrepreneurs.
Abolir les privilèges, considérés comme des expressions de l'arbitraire royal et de l'inégalité sociale sous l'Ancien Régime, c'est un des actes majeurs de la Révolution française. Parmi les différents types de privilèges accordés par la royauté, il en est un qui, dès le XVIIIe siècle, fait l'objet de critiques particulièrement vives : il s'agit des privilèges octroyés à des entrepreneurs avec pour objectif d'exploiter une ressource, de développer une activité productive ou commerciale ou de promouvoir des innovations.
C'est pour se démarquer d'une vision volontiers réductrice, assimilant le privilège au monopole, qu'une équipe de chercheurs a récemment entrepris une étude comparative des privilèges d'entreprise, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, dans plusieurs pays européens - ce système n'étant pas propre à la France. Révélant le caractère massif du phénomène, cette enquête montre que, loin d'être des obstacles à l'activité économique, les privilèges constituent à l'Époque moderne des ressources essentielles pour entreprendre.
Un outil juridique pour entreprendre
Le privilège fait l'objet d'une requête d'un entrepreneur ou d'un prête-nom pour le compte de divers associés. Après examen de la demande, le roi peut décider de ne pas donner suite ou d'accorder un privilège. Au nom des exigences du bien commun, il revient alors au monarque d'organiser la coexistence des entreprises privilégiées, en délimitant les territoires de production (notamment pour les filons miniers), de commercialisation ou de desserte (dans le cas des services de transport), ou en définissant strictement les types de produits et les gammes de qualité revenant aux bénéficiaires.
Dans le royaume de France, le dénombrement des privilèges accordés entre le règne d'Henri IV et celui de Louis XVI montre à quel point ils ont servi l'intervention de l'État dans la longue durée. Colbert en usa pour implanter dans le royaume des techniques et des productions inédites (comme la manufacture de draps d'Abbeville), et développer le commerce maritime et colonial (à l'instar de la Compagnie des Indes occidentales). Plus largement, les privilèges royaux offrent aux bénéficiaires des garanties juridiques pour asseoir leur entreprise contre les empiétements de concurrents potentiels ou de maîtres de corporations locales.
L'analyse du corpus révèle que ces privilèges peuvent être attribués à un grand seigneur bien en cour comme à un simple artisan. Un certain nombre ont aussi été accordés à des inventeurs et des fabricants étrangers pour faciliter l'introduction de techniques neuves.
Des droits sont concédés à l'échelle de l'espace atlantique ou du royaume, mais la plupart sont limités à une ville ou à une manufacture, comme la célèbre fabrique d'indiennes établie à Jouy par Oberkampf en 1760.
Ils ont été décisifs dans le cas d'entreprises coûteuses nécessitant la mobilisation d'importants capitaux pour l'aménagement d'infrastructures de transport (comme la construction du canal de Picardie) ou la mise en valeur des ressources naturelles (grâce à des concessions pour l'exploitation minière ou la pêche) et agricoles (à travers des opérations d'assèchement de marais).
Le privilège a aussi servi à soutenir la production d'articles de luxe ou de textiles à la mode (telles que les indiennes), la promotion de machines et de procédés innovants, l'offre de services de transport, le développement d'entreprises de spectacle, l'essor des industries métallurgiques et du secteur de la chimie... La concession d'un privilège peut soutenir le lancement d'une activité, mais il arrive aussi qu'elle vienne conforter une entreprise déjà établie en consolidant sa réputation.
Rendre rentable une entreprise
Certaines prérogatives attachées au privilège sont censées réduire des coûts, faciliter la constitution d'une association et la levée de capitaux, et à terme garantir la rentabilité de l'entreprise. C'est d'ailleurs en fonction des besoins et demandes des requérants que le pouvoir royal alloue tels types de clauses dans les actes d'octroi : exclusivité (même si le monopole de fabrication et de commercialisation n'est pas systématique et qu'il est le plus souvent limité dans le temps et dans l'espace), exemptions fiscales et douanières, dispositions personnelles (anoblissement, naturalisation, possibilité de transmettre le privilège aux héritiers...), labels distinctifs (droit de marque apposé sur les productions, titre de manufacture royale) ou facilités d'accès à la main-d'oeuvre ou aux ressources. M. Ploos-Vanamstel obtient ainsi en 1721 un privilège pour vingt ans lui permettant d'implanter à Auch une manufacture d'étoffes mêlées imitant les confections hollandaises et anglaises. Outre des facilités administratives pour importer le matériel et les matières premières nécessaires à la fabrication, et pour embaucher de la main-d'oeuvre locale, le roi accorde la naturalisation des ouvriers étrangers, l'exemption du logement des gens de guerre et un monopole de production dans un périmètre de 8 lieues à la ronde.
Au XVIIIe siècle, des auteurs d'économie politique critiquent, au-delà des seuls droits corporatifs, les privilèges exclusifs, notamment en matière de commerce, en les présentant comme des entraves à l'initiative individuelle. Alors même que cette opposition libérale tend à imposer comme norme et comme valeur le libre jeu de la concurrence, le nombre de privilèges augmente nettement à la même époque et les procédures de concession se normalisent. Dans un contexte où toute entreprise reste théoriquement soumise à une autorisation préalable, les privilèges perdent alors progressivement leur caractère exorbitant, la grande majorité ne délivrant plus que des droits relativement modestes.
Cette enquête sur les privilèges est un exemple des récentes recherches qui renouvellent l'histoire politique, sociale et technique de l'économie d'Ancien Régime (sur les milieux entrepreneuriaux, sur l'invention, etc.). Elle rend compte de la variété des usages du privilège d'entreprise, de sa transformation de grâce royale en autorisation administrative, mais aussi de sa durable plasticité. La concession de privilèges doit donc être envisagée comme un levier d'encouragement pour les entreprises économiques, un moyen de développer l'emploi et l'activité économique, entre interventionnisme d'État et essor du capitalisme.
LES AUTEURES
Professeure à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, Anne Conchon est notamment l'auteure de La Corvée des grands chemins au XVIIIe siècle. Économie d'une institution (PUR, 2016).
Maîtresse de conférences à UVSQ/université Paris-Saclay, Pauline Lemaigre-Gaffier a publié Administrer les Menus Plaisirs du roi. L'État, la Cour et les spectacles dans la France des Lumières (Champ Vallon, 2016).
MOT CLÉ
Privilège
Il s'agit de droits et d'avantages spécifiques que le roi concède et reconnaît à des personnes ou des collectifs.
Recherche en cours
Le programme de recherche « Compter les privilèges dans l'Europe moderne », coordonné par Dominique Margairaz (université Paris-I-Panthéon-Sorbonne), a été financé par l'Agence nationale de la recherche entre 2012 et 2015. Il a permis de constituer une base de données recensant environ 15 000 mentions de privilèges dans différents États européens. Les résultats de cette enquête doivent paraître prochainement dans un ouvrage collectif aux Éditions de la Sorbonne (Privilèges et entreprises en Europe, XVIe-XVIIIe siècle).
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 62-63[article] L'Atelier des CHERCHEURS - Feuilleton - 5. Le privilège, un levier pour l'économie [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Anne Conchon, Auteur ; Pauline Lemaigre-Gaffier, Auteur . - 2022 . - p. 62-63.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 62-63
Mots-clés : histoire économique privilège Note de contenu : Le privilège a longtemps été fustigé comme une entrave à l'activité économique. Une vaste enquête montre au contraire comment il a pu, aux XVIIE et XVIIIe siècles, stimuler l'innovation et encourager les entrepreneurs.
Abolir les privilèges, considérés comme des expressions de l'arbitraire royal et de l'inégalité sociale sous l'Ancien Régime, c'est un des actes majeurs de la Révolution française. Parmi les différents types de privilèges accordés par la royauté, il en est un qui, dès le XVIIIe siècle, fait l'objet de critiques particulièrement vives : il s'agit des privilèges octroyés à des entrepreneurs avec pour objectif d'exploiter une ressource, de développer une activité productive ou commerciale ou de promouvoir des innovations.
C'est pour se démarquer d'une vision volontiers réductrice, assimilant le privilège au monopole, qu'une équipe de chercheurs a récemment entrepris une étude comparative des privilèges d'entreprise, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, dans plusieurs pays européens - ce système n'étant pas propre à la France. Révélant le caractère massif du phénomène, cette enquête montre que, loin d'être des obstacles à l'activité économique, les privilèges constituent à l'Époque moderne des ressources essentielles pour entreprendre.
Un outil juridique pour entreprendre
Le privilège fait l'objet d'une requête d'un entrepreneur ou d'un prête-nom pour le compte de divers associés. Après examen de la demande, le roi peut décider de ne pas donner suite ou d'accorder un privilège. Au nom des exigences du bien commun, il revient alors au monarque d'organiser la coexistence des entreprises privilégiées, en délimitant les territoires de production (notamment pour les filons miniers), de commercialisation ou de desserte (dans le cas des services de transport), ou en définissant strictement les types de produits et les gammes de qualité revenant aux bénéficiaires.
Dans le royaume de France, le dénombrement des privilèges accordés entre le règne d'Henri IV et celui de Louis XVI montre à quel point ils ont servi l'intervention de l'État dans la longue durée. Colbert en usa pour implanter dans le royaume des techniques et des productions inédites (comme la manufacture de draps d'Abbeville), et développer le commerce maritime et colonial (à l'instar de la Compagnie des Indes occidentales). Plus largement, les privilèges royaux offrent aux bénéficiaires des garanties juridiques pour asseoir leur entreprise contre les empiétements de concurrents potentiels ou de maîtres de corporations locales.
L'analyse du corpus révèle que ces privilèges peuvent être attribués à un grand seigneur bien en cour comme à un simple artisan. Un certain nombre ont aussi été accordés à des inventeurs et des fabricants étrangers pour faciliter l'introduction de techniques neuves.
Des droits sont concédés à l'échelle de l'espace atlantique ou du royaume, mais la plupart sont limités à une ville ou à une manufacture, comme la célèbre fabrique d'indiennes établie à Jouy par Oberkampf en 1760.
Ils ont été décisifs dans le cas d'entreprises coûteuses nécessitant la mobilisation d'importants capitaux pour l'aménagement d'infrastructures de transport (comme la construction du canal de Picardie) ou la mise en valeur des ressources naturelles (grâce à des concessions pour l'exploitation minière ou la pêche) et agricoles (à travers des opérations d'assèchement de marais).
Le privilège a aussi servi à soutenir la production d'articles de luxe ou de textiles à la mode (telles que les indiennes), la promotion de machines et de procédés innovants, l'offre de services de transport, le développement d'entreprises de spectacle, l'essor des industries métallurgiques et du secteur de la chimie... La concession d'un privilège peut soutenir le lancement d'une activité, mais il arrive aussi qu'elle vienne conforter une entreprise déjà établie en consolidant sa réputation.
Rendre rentable une entreprise
Certaines prérogatives attachées au privilège sont censées réduire des coûts, faciliter la constitution d'une association et la levée de capitaux, et à terme garantir la rentabilité de l'entreprise. C'est d'ailleurs en fonction des besoins et demandes des requérants que le pouvoir royal alloue tels types de clauses dans les actes d'octroi : exclusivité (même si le monopole de fabrication et de commercialisation n'est pas systématique et qu'il est le plus souvent limité dans le temps et dans l'espace), exemptions fiscales et douanières, dispositions personnelles (anoblissement, naturalisation, possibilité de transmettre le privilège aux héritiers...), labels distinctifs (droit de marque apposé sur les productions, titre de manufacture royale) ou facilités d'accès à la main-d'oeuvre ou aux ressources. M. Ploos-Vanamstel obtient ainsi en 1721 un privilège pour vingt ans lui permettant d'implanter à Auch une manufacture d'étoffes mêlées imitant les confections hollandaises et anglaises. Outre des facilités administratives pour importer le matériel et les matières premières nécessaires à la fabrication, et pour embaucher de la main-d'oeuvre locale, le roi accorde la naturalisation des ouvriers étrangers, l'exemption du logement des gens de guerre et un monopole de production dans un périmètre de 8 lieues à la ronde.
Au XVIIIe siècle, des auteurs d'économie politique critiquent, au-delà des seuls droits corporatifs, les privilèges exclusifs, notamment en matière de commerce, en les présentant comme des entraves à l'initiative individuelle. Alors même que cette opposition libérale tend à imposer comme norme et comme valeur le libre jeu de la concurrence, le nombre de privilèges augmente nettement à la même époque et les procédures de concession se normalisent. Dans un contexte où toute entreprise reste théoriquement soumise à une autorisation préalable, les privilèges perdent alors progressivement leur caractère exorbitant, la grande majorité ne délivrant plus que des droits relativement modestes.
Cette enquête sur les privilèges est un exemple des récentes recherches qui renouvellent l'histoire politique, sociale et technique de l'économie d'Ancien Régime (sur les milieux entrepreneuriaux, sur l'invention, etc.). Elle rend compte de la variété des usages du privilège d'entreprise, de sa transformation de grâce royale en autorisation administrative, mais aussi de sa durable plasticité. La concession de privilèges doit donc être envisagée comme un levier d'encouragement pour les entreprises économiques, un moyen de développer l'emploi et l'activité économique, entre interventionnisme d'État et essor du capitalisme.
LES AUTEURES
Professeure à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, Anne Conchon est notamment l'auteure de La Corvée des grands chemins au XVIIIe siècle. Économie d'une institution (PUR, 2016).
Maîtresse de conférences à UVSQ/université Paris-Saclay, Pauline Lemaigre-Gaffier a publié Administrer les Menus Plaisirs du roi. L'État, la Cour et les spectacles dans la France des Lumières (Champ Vallon, 2016).
MOT CLÉ
Privilège
Il s'agit de droits et d'avantages spécifiques que le roi concède et reconnaît à des personnes ou des collectifs.
Recherche en cours
Le programme de recherche « Compter les privilèges dans l'Europe moderne », coordonné par Dominique Margairaz (université Paris-I-Panthéon-Sorbonne), a été financé par l'Agence nationale de la recherche entre 2012 et 2015. Il a permis de constituer une base de données recensant environ 15 000 mentions de privilèges dans différents États européens. Les résultats de cette enquête doivent paraître prochainement dans un ouvrage collectif aux Éditions de la Sorbonne (Privilèges et entreprises en Europe, XVIe-XVIIIe siècle).
L'Atelier des CHERCHEURS - Le massacre des Innocents / Axelle Neyrinck in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : L'Atelier des CHERCHEURS - Le massacre des Innocents Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Axelle Neyrinck, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 56-61 Langues : Français (fre) Mots-clés : massacre innocent enfants juifs mythe Note de contenu : C'est au cours de l'Antiquité et du Moyen Age que le massacre des enfants juifs de Bethléem est devenu un véritable mythe fondateur du christianisme.
Alors Hérode, se voyant joué par les Mages, entra dans une grande fureur et envoya tuer, dans Bethléem et dans tout son territoire, tous les enfants jusqu'à 2 ans, d'après l'époque qu'il s'était fait préciser par les Mages » (Matthieu II, 16). Le seul verset biblique qui mentionne le massacre des Innocents est laconique. Pourtant, cet épisode est étonnamment présent dans l'imaginaire de notre société occidentale. Il a donné son nom au plus grand cimetière parisien des Époques médiévale et moderne, connu une fortune iconographique durable et sert encore souvent à désigner les victimes civiles des conflits armés actuels. Cette postérité repose sans doute sur l'aspect universel de sa violence injuste et cruelle autant que sur le fait qu'il cristallise un certain nombre de références implicites à des mythes antérieurs.
Néanmoins, le massacre des Innocents n'a jamais eu lieu : si le roi Hérode était réputé pour sa cruauté, l'exécution des enfants de Beth ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 56-61[article] L'Atelier des CHERCHEURS - Le massacre des Innocents [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Axelle Neyrinck, Auteur . - 2022 . - p. 56-61.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 56-61
Mots-clés : massacre innocent enfants juifs mythe Note de contenu : C'est au cours de l'Antiquité et du Moyen Age que le massacre des enfants juifs de Bethléem est devenu un véritable mythe fondateur du christianisme.
Alors Hérode, se voyant joué par les Mages, entra dans une grande fureur et envoya tuer, dans Bethléem et dans tout son territoire, tous les enfants jusqu'à 2 ans, d'après l'époque qu'il s'était fait préciser par les Mages » (Matthieu II, 16). Le seul verset biblique qui mentionne le massacre des Innocents est laconique. Pourtant, cet épisode est étonnamment présent dans l'imaginaire de notre société occidentale. Il a donné son nom au plus grand cimetière parisien des Époques médiévale et moderne, connu une fortune iconographique durable et sert encore souvent à désigner les victimes civiles des conflits armés actuels. Cette postérité repose sans doute sur l'aspect universel de sa violence injuste et cruelle autant que sur le fait qu'il cristallise un certain nombre de références implicites à des mythes antérieurs.
Néanmoins, le massacre des Innocents n'a jamais eu lieu : si le roi Hérode était réputé pour sa cruauté, l'exécution des enfants de Beth ...
L'Atelier des CHERCHEURS - Usurpation : Comment devenir empereur à Rome / Jérôme Sella in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : L'Atelier des CHERCHEURS - Usurpation : Comment devenir empereur à Rome Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Jérôme Sella, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 64-68 Langues : Français (fre) Mots-clés : Rome empereur succession usurpation Note de contenu : L'Empire romain n'a jamais fixé de règle sur les principes de succession ou d'accession au pouvoir. Aussi, nombreuses furent les tentatives d'usurpation. Un moyen alors comme un autre de conquérir le titre d'empereur.
Si l'on en croit Suétone, Tibère (14-37 ap. J.-C.) aurait comparé l'exercice du pouvoir impérial au fait de « tenir un loup par les oreilles ». Placé dans cette situation impossible, l'empereur, à Rome, ne devait pas baisser la garde un instant, au risque de voir des légions se soulever, un rival lui faire de l'ombre ou un groupe de sénateurs attenter à sa vie. Tibère passa ainsi une partie de son règne à faire éliminer les uns après les autres ses potentiels successeurs dès qu'ils étaient en âge de régner. Et cela ne suffisant pas, il fit un usage intensif de procès en lèse-majesté afin d'éliminer tous ceux qui pouvaient représenter une menace pour son pouvoir.
Cette menace était nouvelle. Pendant près de cinq cents ans le pouvoir suprême avait été une magistrature collective et annuelle : le consulat, détenu à tour de rôle par deux sénateurs pour un an. Certes, le risque d'accaparement du pouvoir par un individu ou un parti « tyrannique » existait ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 64-68[article] L'Atelier des CHERCHEURS - Usurpation : Comment devenir empereur à Rome [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Jérôme Sella, Auteur . - 2022 . - p. 64-68.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 64-68
Mots-clés : Rome empereur succession usurpation Note de contenu : L'Empire romain n'a jamais fixé de règle sur les principes de succession ou d'accession au pouvoir. Aussi, nombreuses furent les tentatives d'usurpation. Un moyen alors comme un autre de conquérir le titre d'empereur.
Si l'on en croit Suétone, Tibère (14-37 ap. J.-C.) aurait comparé l'exercice du pouvoir impérial au fait de « tenir un loup par les oreilles ». Placé dans cette situation impossible, l'empereur, à Rome, ne devait pas baisser la garde un instant, au risque de voir des légions se soulever, un rival lui faire de l'ombre ou un groupe de sénateurs attenter à sa vie. Tibère passa ainsi une partie de son règne à faire éliminer les uns après les autres ses potentiels successeurs dès qu'ils étaient en âge de régner. Et cela ne suffisant pas, il fit un usage intensif de procès en lèse-majesté afin d'éliminer tous ceux qui pouvaient représenter une menace pour son pouvoir.
Cette menace était nouvelle. Pendant près de cinq cents ans le pouvoir suprême avait été une magistrature collective et annuelle : le consulat, détenu à tour de rôle par deux sénateurs pour un an. Certes, le risque d'accaparement du pouvoir par un individu ou un parti « tyrannique » existait ...
L'Atelier des CHERCHEURS - 1720 : Le grand incendie de Rennes / Gauthier Aubert in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : L'Atelier des CHERCHEURS - 1720 : Le grand incendie de Rennes Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Gauthier Aubert, Auteur ; Georges Provost, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 70-75 Langues : Français (fre) Mots-clés : Rennes incendie 1720 Note de contenu : Peu avant minuit, le 22 décembre 1720, un incendie débute à Rennes. Après une semaine, un tiers du tissu urbain central est détruit, 8 000 personnes se retrouvent sans toit. Pourquoi, ici plus qu'ailleurs, le feu a-t-il été si destructeur ?
Un désastre exceptionnel en Europe » : tel est le constat dressé récemment par l'historien australien David Garrioch à propos de l'incendie de Rennes en 1720. De fait, au XVIIIe siècle, si l'on exclut les deux incendies hors norme de Constantinople en 1715 et 1718 ou celui survenu à Lisbonne après un tsunami en 1755, l'incendie de Rennes n'est comparable qu'à celui de Copenhague, qui vit, en 1728, la disparition de 1 600 édifices, soit 28 % de la surface bâtie. Huit ans plus tôt, à Rennes, la perte se mesure à 945 maisons sur environ 8 hectares, soit environ 30 % de la partie intra-muros de la ville au nord de la Vilaine, la plus densément bâtie. En revanche, à Rennes, le feu n'a que très peu tué, ce qui est une caractéristique de bien des incendies des villes préindustrielles : en 1666 le gigantesque incendie de Londres n'a, semble-t-il, coûté la vie qu'à une dizaine de personnes.
Le mĂŞme David Garrioch montre cependant que, s'il appartien ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 70-75[article] L'Atelier des CHERCHEURS - 1720 : Le grand incendie de Rennes [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Gauthier Aubert, Auteur ; Georges Provost, Auteur . - 2022 . - p. 70-75.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 70-75
Mots-clés : Rennes incendie 1720 Note de contenu : Peu avant minuit, le 22 décembre 1720, un incendie débute à Rennes. Après une semaine, un tiers du tissu urbain central est détruit, 8 000 personnes se retrouvent sans toit. Pourquoi, ici plus qu'ailleurs, le feu a-t-il été si destructeur ?
Un désastre exceptionnel en Europe » : tel est le constat dressé récemment par l'historien australien David Garrioch à propos de l'incendie de Rennes en 1720. De fait, au XVIIIe siècle, si l'on exclut les deux incendies hors norme de Constantinople en 1715 et 1718 ou celui survenu à Lisbonne après un tsunami en 1755, l'incendie de Rennes n'est comparable qu'à celui de Copenhague, qui vit, en 1728, la disparition de 1 600 édifices, soit 28 % de la surface bâtie. Huit ans plus tôt, à Rennes, la perte se mesure à 945 maisons sur environ 8 hectares, soit environ 30 % de la partie intra-muros de la ville au nord de la Vilaine, la plus densément bâtie. En revanche, à Rennes, le feu n'a que très peu tué, ce qui est une caractéristique de bien des incendies des villes préindustrielles : en 1666 le gigantesque incendie de Londres n'a, semble-t-il, coûté la vie qu'à une dizaine de personnes.
Le mĂŞme David Garrioch montre cependant que, s'il appartien ...
Décryptage d'image : Embrasser les icônes / Giulia Puma in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Décryptage d'image : Embrasser les icônes Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Giulia Puma, Auteur ; Maria Alessia Rossi, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 76-77 Langues : Français (fre) Mots-clés : icône décryptage Note de contenu : Au Moyen Age, les peintres construisent, à Byzance comme en Italie, de savantes compositions en abyme (une oeuvre est placée à l'intérieur du même type d'oeuvre) avec lesquelles ils dévoilent toute la maîtrise de leur art. Ces peintures permettent de découvrir la place des images saintes dans les pratiques de prière du monde chrétien, orthodoxe comme catholique. De telles représentations dévoilent aussi au spectateur leurs différents sens : dévotionnel, liturgique, parfois politique et, enfin, historique.
Examinons ici deux images de prière fondées sur ce principe : la première, le psautier Hamilton, est une enluminure byzantine, la seconde un panneau italien du XIVe siècle dédié à sainte Catherine ; toutes deux représentent des personnages en prière devant une icône de la Vierge à l'Enfant. Dans les deux cas, les rituels dépeints se déroulent dans un univers contemporain, ou du moins très proche, de celui des commanditaires. Les individus représentés reflèt ...
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 76-77[article] Décryptage d'image : Embrasser les icônes [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Giulia Puma, Auteur ; Maria Alessia Rossi, Auteur . - 2022 . - p. 76-77.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 76-77
Mots-clés : icône décryptage Note de contenu : Au Moyen Age, les peintres construisent, à Byzance comme en Italie, de savantes compositions en abyme (une oeuvre est placée à l'intérieur du même type d'oeuvre) avec lesquelles ils dévoilent toute la maîtrise de leur art. Ces peintures permettent de découvrir la place des images saintes dans les pratiques de prière du monde chrétien, orthodoxe comme catholique. De telles représentations dévoilent aussi au spectateur leurs différents sens : dévotionnel, liturgique, parfois politique et, enfin, historique.
Examinons ici deux images de prière fondées sur ce principe : la première, le psautier Hamilton, est une enluminure byzantine, la seconde un panneau italien du XIVe siècle dédié à sainte Catherine ; toutes deux représentent des personnages en prière devant une icône de la Vierge à l'Enfant. Dans les deux cas, les rituels dépeints se déroulent dans un univers contemporain, ou du moins très proche, de celui des commanditaires. Les individus représentés reflèt ...
Guide des Livres : Pureté de sang / Domitille Gavriloff de in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Pureté de sang Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Domitille Gavriloff de, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 78-79 Langues : Français (fre) Mots-clés : pureté sang question livre race histoire Note de contenu : Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani étudient la genèse des catégories raciales à l'Age moderne, la question de la pureté du sang étant au coeur de leur démonstration. Ce livre constitue un jalon essentiel des études françaises sur la race.
Plus d'un demi-siècle après la publication marquante du rapport de Claude Lévi-Strauss par l'Unesco auquel Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani empruntent le titre de leur ouvrage, les deux historiens restituent avec clarté les matrices des catégories raciales à l'Age moderne. Le choix d'un tel titre vise à rappeler combien les logiques d'assignation raciale trouvent leurs sources dans des configurations historiques particulières. L'ouvrage se propose d'en approfondir cinq : l'élection nobiliaire, le traitement des conversos (Juifs convertis) dans la péninsule Ibérique, le phénomène du métissage en Europe et dans l'Amérique coloniale, l'esclavage des Africains et enfin le siècle des Lumières et ses ambiguïtés.
Si le mot « racisme » est un néologisme forgé au siècle dernier, le terme de « race », lui, appartient au vocabulaire de l'Époque moderne, et les auteurs le retrouvent dans de multiples sources philosophiques, théologiques, juridiques, médicales ou littéraires. Il n'est donc en rien anachronique de l'employer avant que ne se développent au XVIIIe siècle les classifications raciales de l'histoire naturelle, de Linné à Buffon. C'est là un des apports majeurs de cette publication que de penser à nouveaux frais la chronologie des processus de racialisation au sein des sociétés occidentales. La démarche des auteurs invite en outre à considérer les catégories raciales comme des ressources politiques et à s'affranchir d'une lecture qui ne considérerait le racisme que comme une doctrine scientifique.
La question de la pureté du sang, au coeur des premiers chapitres, permet de distinguer noble et roturier ou vieux chrétien et converso. « Bon sang ne saurait mentir », « sang bleu » : ces expressions rappellent la centralité du sang dans la définition de la supériorité nobiliaire. Loin d'être une métaphore, la croyance en la transmission de caractères moraux et sociaux par le sang légitime la mise en place des privilèges nobiliaires. La théorie des humeurs accorde au sang et à ses composantes - le sperme et le lait maternel - un rôle essentiel dans la gestation. C'est pourquoi les nourrices des enfants nobles doivent être choisies avec précaution, et pourquoi la pratique de l'adoption, pourtant courante dans la société romaine, connaît un long déclin en Europe depuis le Moyen Age.
Dans le cas du traitement des conversos de la péninsule Ibérique, c'est leur « sang impur » qui justifie leur relégation. C'est l'objet du chapitre II qui montre la nature raciale des statuts de pureté de sang dont le premier, édicté à Tolède en 1449, exclut les nouveaux chrétiens des charges publiques. Niant l'efficacité de la grâce du baptême, ces statuts ancrent l'hétérodoxie religieuse dans la généalogie. L'Inquisition devient la clé de voûte d'un système d'exclusion qui fait de la religion un critère de distinction proprement racial.
L'expansion coloniale des Européens engendre également une racialisation fondée sur la division entre les descendants des conquérants et ceux des vaincus. Les auteurs montrent le poids du contexte colonial dans la construction contingente des catégories raciales en s'intéressant aux discriminations imposées aux métis. Ceux-ci, nés pour la plupart d'unions illégitimes entre Européens et Amérindiennes, sont en effet exclus des carrières civiles ou ecclésiastiques en raison de leur sang indien. Dès les premiers temps de la conquête, l'idéologie de la pureté de sang influence le regard que portent les colons sur les Amérindiens et sur les Africains. Pour faire face à la hantise de la dégénérescence induite par le métissage, de nouvelles catégories émergent telles que negro, mulato, chino, mestizo, indio. A rebours d'une lecture qui met l'accent sur la fluidité des statuts raciaux dans l'Amérique ibérique, les auteurs insistent sur l'efficacité politique de ce système de classification rigide auquel il demeure ardu d'échapper.
Le recours à l'esclavage des Africains est enfin une étape cruciale dans l'évolution de la pensée raciale. A nouveau, les sociétés ibériques se trouvent « aux avant-postes de l'expérience européenne », du fait de la proportion importante de Noirs au sein de leurs populations dès la fin du XVe siècle. L'équivalence établie entre le statut d'esclave et la noirceur se systématise et l'origine de la couleur de peau noire donne lieu à diverses explications dont certaines entendent justifier la prétendue vocation naturelle des Africains à être esclaves. Par l'étude des codes juridiques mis en place dans les sociétés esclavagistes, comme les codes noirs dans l'empire français, les auteurs démontrent par ailleurs combien la race est surtout une ressource politique.
Un tel ouvrage se devait de faire une place au siècle des Lumières : moment d'apogée de la traite, il voit en effet émerger une pensée universaliste qui s'accompagne paradoxalement de l'invention d'une taxinomie divisant l'humanité en races. Les Lumières ne sont pas ici considérées comme un corps doctrinal cohérent mais comme une scène de débats où s'affrontent par exemple les thèses polygénistes et monogénistes qui contribuent toutes à la généalogie de la race. Pour les auteurs, la vraie rupture des Lumières réside cependant dans la remise en cause du statut privilégié de l'homme au sein de la nature. L'homme est désormais considéré comme une espèce animale parmi d'autres ; les savants multiplient les dissections d'esclaves africains pour identifier des différences anatomiques probantes entre Noirs et Blancs et ainsi fonder scientifiquement une hiérarchie raciale. La découverte de l'orang-outan, qui met en cause la frontière entre l'homme et l'animal, contribue encore à la racialisation de l'humanité. Dans le débat sur la moralité de la traite, l'orang-outan est ainsi tour à tour animalisé ou humanisé par les défenseurs ou les pourfendeurs de l'esclavage des Africains.
L'ambition d'écrire une histoire totale de la race à la croisée d'une histoire intellectuelle et sociale, la rigueur de la démonstration, la chronologie renouvelée font de l'ouvrage un jalon essentiel des études françaises sur la race. Sa lecture ne peut qu'éclairer les données d'un problème qui continue de hanter nos sociétés contemporaines.
Domitille de Gavriloff est doctorante Ă l'EHESS
Race et histoire dans les sociétés occidentales. XVe-XVIIIe siècles, Jean-Frédéric Schaub, Silvia Sebastiani, Albin Michel, 2021, 512 p., 24,90 €.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 78-79[article] Guide des Livres : Pureté de sang [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Domitille Gavriloff de, Auteur . - 2022 . - p. 78-79.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 78-79
Mots-clés : pureté sang question livre race histoire Note de contenu : Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani étudient la genèse des catégories raciales à l'Age moderne, la question de la pureté du sang étant au coeur de leur démonstration. Ce livre constitue un jalon essentiel des études françaises sur la race.
Plus d'un demi-siècle après la publication marquante du rapport de Claude Lévi-Strauss par l'Unesco auquel Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani empruntent le titre de leur ouvrage, les deux historiens restituent avec clarté les matrices des catégories raciales à l'Age moderne. Le choix d'un tel titre vise à rappeler combien les logiques d'assignation raciale trouvent leurs sources dans des configurations historiques particulières. L'ouvrage se propose d'en approfondir cinq : l'élection nobiliaire, le traitement des conversos (Juifs convertis) dans la péninsule Ibérique, le phénomène du métissage en Europe et dans l'Amérique coloniale, l'esclavage des Africains et enfin le siècle des Lumières et ses ambiguïtés.
Si le mot « racisme » est un néologisme forgé au siècle dernier, le terme de « race », lui, appartient au vocabulaire de l'Époque moderne, et les auteurs le retrouvent dans de multiples sources philosophiques, théologiques, juridiques, médicales ou littéraires. Il n'est donc en rien anachronique de l'employer avant que ne se développent au XVIIIe siècle les classifications raciales de l'histoire naturelle, de Linné à Buffon. C'est là un des apports majeurs de cette publication que de penser à nouveaux frais la chronologie des processus de racialisation au sein des sociétés occidentales. La démarche des auteurs invite en outre à considérer les catégories raciales comme des ressources politiques et à s'affranchir d'une lecture qui ne considérerait le racisme que comme une doctrine scientifique.
La question de la pureté du sang, au coeur des premiers chapitres, permet de distinguer noble et roturier ou vieux chrétien et converso. « Bon sang ne saurait mentir », « sang bleu » : ces expressions rappellent la centralité du sang dans la définition de la supériorité nobiliaire. Loin d'être une métaphore, la croyance en la transmission de caractères moraux et sociaux par le sang légitime la mise en place des privilèges nobiliaires. La théorie des humeurs accorde au sang et à ses composantes - le sperme et le lait maternel - un rôle essentiel dans la gestation. C'est pourquoi les nourrices des enfants nobles doivent être choisies avec précaution, et pourquoi la pratique de l'adoption, pourtant courante dans la société romaine, connaît un long déclin en Europe depuis le Moyen Age.
Dans le cas du traitement des conversos de la péninsule Ibérique, c'est leur « sang impur » qui justifie leur relégation. C'est l'objet du chapitre II qui montre la nature raciale des statuts de pureté de sang dont le premier, édicté à Tolède en 1449, exclut les nouveaux chrétiens des charges publiques. Niant l'efficacité de la grâce du baptême, ces statuts ancrent l'hétérodoxie religieuse dans la généalogie. L'Inquisition devient la clé de voûte d'un système d'exclusion qui fait de la religion un critère de distinction proprement racial.
L'expansion coloniale des Européens engendre également une racialisation fondée sur la division entre les descendants des conquérants et ceux des vaincus. Les auteurs montrent le poids du contexte colonial dans la construction contingente des catégories raciales en s'intéressant aux discriminations imposées aux métis. Ceux-ci, nés pour la plupart d'unions illégitimes entre Européens et Amérindiennes, sont en effet exclus des carrières civiles ou ecclésiastiques en raison de leur sang indien. Dès les premiers temps de la conquête, l'idéologie de la pureté de sang influence le regard que portent les colons sur les Amérindiens et sur les Africains. Pour faire face à la hantise de la dégénérescence induite par le métissage, de nouvelles catégories émergent telles que negro, mulato, chino, mestizo, indio. A rebours d'une lecture qui met l'accent sur la fluidité des statuts raciaux dans l'Amérique ibérique, les auteurs insistent sur l'efficacité politique de ce système de classification rigide auquel il demeure ardu d'échapper.
Le recours à l'esclavage des Africains est enfin une étape cruciale dans l'évolution de la pensée raciale. A nouveau, les sociétés ibériques se trouvent « aux avant-postes de l'expérience européenne », du fait de la proportion importante de Noirs au sein de leurs populations dès la fin du XVe siècle. L'équivalence établie entre le statut d'esclave et la noirceur se systématise et l'origine de la couleur de peau noire donne lieu à diverses explications dont certaines entendent justifier la prétendue vocation naturelle des Africains à être esclaves. Par l'étude des codes juridiques mis en place dans les sociétés esclavagistes, comme les codes noirs dans l'empire français, les auteurs démontrent par ailleurs combien la race est surtout une ressource politique.
Un tel ouvrage se devait de faire une place au siècle des Lumières : moment d'apogée de la traite, il voit en effet émerger une pensée universaliste qui s'accompagne paradoxalement de l'invention d'une taxinomie divisant l'humanité en races. Les Lumières ne sont pas ici considérées comme un corps doctrinal cohérent mais comme une scène de débats où s'affrontent par exemple les thèses polygénistes et monogénistes qui contribuent toutes à la généalogie de la race. Pour les auteurs, la vraie rupture des Lumières réside cependant dans la remise en cause du statut privilégié de l'homme au sein de la nature. L'homme est désormais considéré comme une espèce animale parmi d'autres ; les savants multiplient les dissections d'esclaves africains pour identifier des différences anatomiques probantes entre Noirs et Blancs et ainsi fonder scientifiquement une hiérarchie raciale. La découverte de l'orang-outan, qui met en cause la frontière entre l'homme et l'animal, contribue encore à la racialisation de l'humanité. Dans le débat sur la moralité de la traite, l'orang-outan est ainsi tour à tour animalisé ou humanisé par les défenseurs ou les pourfendeurs de l'esclavage des Africains.
L'ambition d'écrire une histoire totale de la race à la croisée d'une histoire intellectuelle et sociale, la rigueur de la démonstration, la chronologie renouvelée font de l'ouvrage un jalon essentiel des études françaises sur la race. Sa lecture ne peut qu'éclairer les données d'un problème qui continue de hanter nos sociétés contemporaines.
Domitille de Gavriloff est doctorante Ă l'EHESS
Race et histoire dans les sociétés occidentales. XVe-XVIIIe siècles, Jean-Frédéric Schaub, Silvia Sebastiani, Albin Michel, 2021, 512 p., 24,90 €.
Guide des Livres : L’amour au temps de Hitler / Christian Ingrao in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : L’amour au temps de Hitler Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Christian Ingrao, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 80 Langues : Français (fre) Mots-clés : amour Hitler mariage régime nazi Note de contenu : L'accomplissement d'une socialisation heureuse a été encouragé par le régime nazi.
La publication du livre d'Elissa Mailänder constitue un événement dans le petit monde des historiens du nazisme. L'historienne contribue ici à introduire en France une nouvelle forme d'histoire du nazisme attentive aux pratiques étatiques de façonnage de la cohésion sociale ou d'édiction des normes et aux mécanismes d'adhésion des individus et des groupes sociaux, aux confins de l'idéologique, de l'émotionnel et du prosaïque. Héritière de l'un des historiens allemands les plus inventifs, Alf Lüdtke, mort en 2019, elle livre ici une enquête qui procède par sondages. Le livre est organisé chronologiquement, du IIIe Reich à la guerre, en s'achevant sur le processus de sortie de guerre et ses chapitres se succèdent avec une étonnante diversité et une inventivité manifeste, s'attachant à des marqueurs qui nous donnent à voir la normativité sociale et sanitaire nazie, les rapports de genre, de sexe et de conjugalité, les nuances des logiques d'engagement militant des femmes, l'évolution de la masculinité par-delà la défaite.
Il en ressort un livre passionnant, remarquablement bien écrit et attrayant en ce qu'il présente des archives très diverses par leur nature (documents du for privé, archives médicales, iconographie riche, filmographie largement citée) ; un livre qui constitue un jalon dans l'affirmation d'une nouvelle vague historiographique qui, en intégrant l'héritage de l'histoire sociale, l'érudition du néopositivisme, l'anthropologie historique du quotidien et de l'appropriation idéologique, construit une nouvelle image du IIIe Reich, « dictature de la participation » qui tendait vers l'accomplissement d'une socialisation heureuse, fût-ce au prix de la décimation et de la dévastation de l'Europe et de l'extermination des Juifs.
Christian Ingrao est directeur de recherche au CNRS
Amour, mariage sexualité. Une histoire intime du nazisme. 1930-1950, Elissa Mailänder, Seuil, 512 p., 24 €.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 80[article] Guide des Livres : L’amour au temps de Hitler [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Christian Ingrao, Auteur . - 2022 . - p. 80.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 80
Mots-clés : amour Hitler mariage régime nazi Note de contenu : L'accomplissement d'une socialisation heureuse a été encouragé par le régime nazi.
La publication du livre d'Elissa Mailänder constitue un événement dans le petit monde des historiens du nazisme. L'historienne contribue ici à introduire en France une nouvelle forme d'histoire du nazisme attentive aux pratiques étatiques de façonnage de la cohésion sociale ou d'édiction des normes et aux mécanismes d'adhésion des individus et des groupes sociaux, aux confins de l'idéologique, de l'émotionnel et du prosaïque. Héritière de l'un des historiens allemands les plus inventifs, Alf Lüdtke, mort en 2019, elle livre ici une enquête qui procède par sondages. Le livre est organisé chronologiquement, du IIIe Reich à la guerre, en s'achevant sur le processus de sortie de guerre et ses chapitres se succèdent avec une étonnante diversité et une inventivité manifeste, s'attachant à des marqueurs qui nous donnent à voir la normativité sociale et sanitaire nazie, les rapports de genre, de sexe et de conjugalité, les nuances des logiques d'engagement militant des femmes, l'évolution de la masculinité par-delà la défaite.
Il en ressort un livre passionnant, remarquablement bien écrit et attrayant en ce qu'il présente des archives très diverses par leur nature (documents du for privé, archives médicales, iconographie riche, filmographie largement citée) ; un livre qui constitue un jalon dans l'affirmation d'une nouvelle vague historiographique qui, en intégrant l'héritage de l'histoire sociale, l'érudition du néopositivisme, l'anthropologie historique du quotidien et de l'appropriation idéologique, construit une nouvelle image du IIIe Reich, « dictature de la participation » qui tendait vers l'accomplissement d'une socialisation heureuse, fût-ce au prix de la décimation et de la dévastation de l'Europe et de l'extermination des Juifs.
Christian Ingrao est directeur de recherche au CNRS
Amour, mariage sexualité. Une histoire intime du nazisme. 1930-1950, Elissa Mailänder, Seuil, 512 p., 24 €.
Guide des Livres : « Il court, il court le furet... » / Jacques BERLIOZ in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : « Il court, il court le furet... » Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Auteurs : Jacques BERLIOZ, Auteur Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 80 Langues : Français (fre) Mots-clés : sexualité religieux église Note de contenu :
Une enquête sur la sexualité des religieux et religieuses à l'Époque moderne.
Ne nous laissons pas détourner par le titre, au demeurant inexact (car d'érotisme il n'est guère question), voilà une étude sérieuse sur la sexualité du clergé à l'Époque moderne, l'accent étant mis, sources obligent, sur le XVIIIe siècle. Le concile de Trente (1545-1563) a affermi le lien entre célibat et sacerdoce : le clergé se voit une population interdite de sexualité. Tant dans les couvents, puisque l'impératif de continence fait partie des trois voeux prononcés, en plus de celui de pauvreté et d'obéissance, que dans les paroisses. Cette chasteté fut-elle respectée ? La réponse est non. Myriam Deniel-Ternant, auteure déjà d'un Ecclésiastiques en débauche. 1700-1790 (Champ Vallon, 2017) a utilisé certes des sources littéraires et mémorialistes, mais aussi des sources manuscrites policières et judiciaires (parlement, Bastille, police, tribunal ecclésiastique ou officialité). Sans oublier les images pornographiques, ou les chansons à double sens (« Il court, il court le furet », ou « Nous n'irons plus au bois »).
L'auteure scrute d'abord ce qui se passe dans les couvents, où nombreux sont les contacts avec le monde du dehors, et qui sont le cadre d'affaires de sorcellerie. Ce sont des lieux fantasmatiques qui servent de décor privilégié à une littérature grivoise. Dans le quotidien paroissial, la diversité de comportement règne : des coureurs de jupons aux tenants d'une vie maritale, entre dissimulation, concubinage et confusion des genres. Ce sont les enfants, preuves manifestes de conjugalité, qui mettent en branle la machine répressive, dernier maillon d'une chaîne de réponses subtiles et graduées, la fréquentation féminine par les curés étant considérée comme un garde-fou contre des dérèglements sexuels incontrôlables. La prostitution est un recours possible. Au XVIIIe siècle une impitoyable chasse aux prêtres fréquentant les bordels est mise en oeuvre par la police parisienne. Quant à la sexualité entre hommes, l'auteure note qu'elle se déploie majoritairement au grand air.
La Révolution française, qui rend possible le mariage des prêtres, verra seulement quelque 6 000 ecclésiastiques (sur 130 000) convoler, régularisant des concubinages de longue date. L'incompatibilité entre conjugalité et appartenance à l'Église est encore solidement ancrée.
Jacques Berlioz est directeur de recherche émérite au CNRS
Une histoire érotique de l’Église. Quand les hommes de Dieu avaient le diable au corps, Myriam Deniel-Ternant, Payot & Rivages, 2021, 364 p., 21 €.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 80[article] Guide des Livres : « Il court, il court le furet... » [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] / Jacques BERLIOZ, Auteur . - 2022 . - p. 80.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 80
Mots-clés : sexualité religieux église Note de contenu :
Une enquête sur la sexualité des religieux et religieuses à l'Époque moderne.
Ne nous laissons pas détourner par le titre, au demeurant inexact (car d'érotisme il n'est guère question), voilà une étude sérieuse sur la sexualité du clergé à l'Époque moderne, l'accent étant mis, sources obligent, sur le XVIIIe siècle. Le concile de Trente (1545-1563) a affermi le lien entre célibat et sacerdoce : le clergé se voit une population interdite de sexualité. Tant dans les couvents, puisque l'impératif de continence fait partie des trois voeux prononcés, en plus de celui de pauvreté et d'obéissance, que dans les paroisses. Cette chasteté fut-elle respectée ? La réponse est non. Myriam Deniel-Ternant, auteure déjà d'un Ecclésiastiques en débauche. 1700-1790 (Champ Vallon, 2017) a utilisé certes des sources littéraires et mémorialistes, mais aussi des sources manuscrites policières et judiciaires (parlement, Bastille, police, tribunal ecclésiastique ou officialité). Sans oublier les images pornographiques, ou les chansons à double sens (« Il court, il court le furet », ou « Nous n'irons plus au bois »).
L'auteure scrute d'abord ce qui se passe dans les couvents, où nombreux sont les contacts avec le monde du dehors, et qui sont le cadre d'affaires de sorcellerie. Ce sont des lieux fantasmatiques qui servent de décor privilégié à une littérature grivoise. Dans le quotidien paroissial, la diversité de comportement règne : des coureurs de jupons aux tenants d'une vie maritale, entre dissimulation, concubinage et confusion des genres. Ce sont les enfants, preuves manifestes de conjugalité, qui mettent en branle la machine répressive, dernier maillon d'une chaîne de réponses subtiles et graduées, la fréquentation féminine par les curés étant considérée comme un garde-fou contre des dérèglements sexuels incontrôlables. La prostitution est un recours possible. Au XVIIIe siècle une impitoyable chasse aux prêtres fréquentant les bordels est mise en oeuvre par la police parisienne. Quant à la sexualité entre hommes, l'auteure note qu'elle se déploie majoritairement au grand air.
La Révolution française, qui rend possible le mariage des prêtres, verra seulement quelque 6 000 ecclésiastiques (sur 130 000) convoler, régularisant des concubinages de longue date. L'incompatibilité entre conjugalité et appartenance à l'Église est encore solidement ancrée.
Jacques Berlioz est directeur de recherche émérite au CNRS
Une histoire érotique de l’Église. Quand les hommes de Dieu avaient le diable au corps, Myriam Deniel-Ternant, Payot & Rivages, 2021, 364 p., 21 €.
Guide des Livres : Contre-révolutionnaire in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Contre-révolutionnaire Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 81 Langues : Français (fre) Mots-clés : homme politique de Bonald philosophe 1796 Note de contenu : Louis de Bonald, philosophe et homme politique. 1754-1840, Flavien Bertran de Balanda, CNRS Éditions, 2021, 398 p., 25 €.
En 1796, le vicomte Louis de Bonald, émigré en Allemagne, publia en trois volumes une somme considérable, Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile. A 42 ans, ce gentilhomme rouergat se saisissait des questions les plus profondes qui agitaient alors les esprits dans la France du Directoire et ailleurs. En 1830, sa Démonstration philosophique du principe constitutif de la société venait clore une démarche intellectuelle et politique dont la ligne n'avait jamais dévié. Comment l'ancien mousquetaire, marqué par le sourire à lui adressé par Marie-Antoinette, dernier maire de Millau nommé par la royauté absolue et premier élu par ses concitoyens, devint sous la Restauration et jusqu'à sa mort en 1840 l'incarnation et l'expression de la contre-révolution, c'est tout l'objet de ce bel essai biographique. Entre Maistre et Chateaubriand, Bonald développe avec une logique inflexible fondée sur un axiome inébranlable - la société n'existe et ne vaut que par la volonté et l'action divines - une démarche originale, voire moderne, en ce qu'elle fait appel à la théorie du langage, à l'analyse sociologique et à une conception universaliste de l'humanité. La Révolution et ses suites sont ainsi éclairées a contrario par ce publiciste, ministre d'État et député ultra puis pair de France, dont la voix intempestive conserve de son mordant.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81[article] Guide des Livres : Contre-révolutionnaire [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 81.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81
Mots-clés : homme politique de Bonald philosophe 1796 Note de contenu : Louis de Bonald, philosophe et homme politique. 1754-1840, Flavien Bertran de Balanda, CNRS Éditions, 2021, 398 p., 25 €.
En 1796, le vicomte Louis de Bonald, émigré en Allemagne, publia en trois volumes une somme considérable, Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile. A 42 ans, ce gentilhomme rouergat se saisissait des questions les plus profondes qui agitaient alors les esprits dans la France du Directoire et ailleurs. En 1830, sa Démonstration philosophique du principe constitutif de la société venait clore une démarche intellectuelle et politique dont la ligne n'avait jamais dévié. Comment l'ancien mousquetaire, marqué par le sourire à lui adressé par Marie-Antoinette, dernier maire de Millau nommé par la royauté absolue et premier élu par ses concitoyens, devint sous la Restauration et jusqu'à sa mort en 1840 l'incarnation et l'expression de la contre-révolution, c'est tout l'objet de ce bel essai biographique. Entre Maistre et Chateaubriand, Bonald développe avec une logique inflexible fondée sur un axiome inébranlable - la société n'existe et ne vaut que par la volonté et l'action divines - une démarche originale, voire moderne, en ce qu'elle fait appel à la théorie du langage, à l'analyse sociologique et à une conception universaliste de l'humanité. La Révolution et ses suites sont ainsi éclairées a contrario par ce publiciste, ministre d'État et député ultra puis pair de France, dont la voix intempestive conserve de son mordant.
Guide des Livres : Les lumières du Nord in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Les lumières du Nord Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 81 Langues : Français (fre) Mots-clés : art ancien Pays-Bas Note de contenu : L’Art des anciens Pays-Bas de Van Eyck à Bruegel, Jan Blanc, Citadelle et Mazenot, 2021, 606 p., 205 €.
Proposer une réflexion renouvelée et rigoureuse sur une documentation artistique exceptionnelle, rayonnant sur l'Europe depuis le temps de sa production jusqu'à aujourd'hui, telle est l'ambition de Jan Blanc, dans cet ouvrage dont la richesse de l'illustration répond à l'art de la formule et au caractère pédagogique du texte. Pas à pas, en suivant un découpage chronologique qui nous emmène de la fin du XIVe à la fin du XVIe siècle, depuis la mise en place de la Grande Principauté de Bourgogne jusqu'à la sécession des Provinces-Unies en 1581, le livre nous entraîne dans une lecture passionnante qui, au fil des oeuvres de différentes natures (peintures, sculptures, enluminures, tapisseries, retables, orfèvrerie, etc.), nous permet de saisir toutes les subtilités de cet art. Certains l'estiment nouveau ; l'auteur, professeur d'histoire de l'art à l'université de Genève, le ressaisit dans un continuum où les héritages se cumulent pour définir des identités propres à un lieu, un espace, une société. Paysages, visages, corps, textures, détails infimes s'exposent dans ces petits et grands formats pour le plus grand plaisir des yeux, tandis qu'alternent explications précises et synthèses stimulantes pour celui de l'esprit. Une oeuvre aussi belle qu'intelligente, un voyage dans ces brumes du Nord où l'art se fait lumière.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81[article] Guide des Livres : Les lumières du Nord [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 81.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81
Mots-clés : art ancien Pays-Bas Note de contenu : L’Art des anciens Pays-Bas de Van Eyck à Bruegel, Jan Blanc, Citadelle et Mazenot, 2021, 606 p., 205 €.
Proposer une réflexion renouvelée et rigoureuse sur une documentation artistique exceptionnelle, rayonnant sur l'Europe depuis le temps de sa production jusqu'à aujourd'hui, telle est l'ambition de Jan Blanc, dans cet ouvrage dont la richesse de l'illustration répond à l'art de la formule et au caractère pédagogique du texte. Pas à pas, en suivant un découpage chronologique qui nous emmène de la fin du XIVe à la fin du XVIe siècle, depuis la mise en place de la Grande Principauté de Bourgogne jusqu'à la sécession des Provinces-Unies en 1581, le livre nous entraîne dans une lecture passionnante qui, au fil des oeuvres de différentes natures (peintures, sculptures, enluminures, tapisseries, retables, orfèvrerie, etc.), nous permet de saisir toutes les subtilités de cet art. Certains l'estiment nouveau ; l'auteur, professeur d'histoire de l'art à l'université de Genève, le ressaisit dans un continuum où les héritages se cumulent pour définir des identités propres à un lieu, un espace, une société. Paysages, visages, corps, textures, détails infimes s'exposent dans ces petits et grands formats pour le plus grand plaisir des yeux, tandis qu'alternent explications précises et synthèses stimulantes pour celui de l'esprit. Une oeuvre aussi belle qu'intelligente, un voyage dans ces brumes du Nord où l'art se fait lumière.Guide des Livres : Pays noirs in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Pays noirs Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 81 Langues : Français (fre) Mots-clés : charbon civilisation Royaume-Uni Note de contenu : La Civilisation du charbon, Charles-François Mathis, Vendémiaire, 2021, 360 p, 26 €.
Loin d'une histoire économique, minière et industrielle du charbon, malgré quelques allusions, ou d'une histoire sociale, le livre se consacre à une histoire sociétale et sociomentale du « roi charbon » au Royaume-Uni aux XIXe et XXe siècles, et à une culture qu'il aura suscitée, dans la vie quotidienne et dans le mode de pensée, à l'échelle des familles, des communautés d'affaires ou de la vie politique. L'appropriation collective de la toute-puissance du charbon, comme aux expositions universelles ou dans la presse, met en valeur ses effets sur le leadership de l'économie britannique et sur la glorification du mineur. La science consacre nombre de recherches aux traités géologiques ou aux variétés de qualité. Mais l'opinion et les autorités perçoivent bien la pollution engendrée (fumées des pays noirs et des sites industriels, suie dans la vie courante, à domicile ou au-dehors), d'où des recherches sur l'efficacité des cheminées ou des poêles. L'auteur, doté d'une culture stupéfiante (journaux, romans, témoignages anciens), reconstitue le rapport des gens au charbon dans leur vie quotidienne, avec l'enjeu d'abord du « foyer » (entretien, organisation de la famille autour de lui), de l'approvisionnement, avec des crises des prix comme en 1873, du nettoyage de l'habitat et de la lessive par des femmes surchargées. Des réseaux de charité veillent aux pauvres victimes de précarité énergétique.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81[article] Guide des Livres : Pays noirs [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 81.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81
Mots-clés : charbon civilisation Royaume-Uni Note de contenu : La Civilisation du charbon, Charles-François Mathis, Vendémiaire, 2021, 360 p, 26 €.
Loin d'une histoire économique, minière et industrielle du charbon, malgré quelques allusions, ou d'une histoire sociale, le livre se consacre à une histoire sociétale et sociomentale du « roi charbon » au Royaume-Uni aux XIXe et XXe siècles, et à une culture qu'il aura suscitée, dans la vie quotidienne et dans le mode de pensée, à l'échelle des familles, des communautés d'affaires ou de la vie politique. L'appropriation collective de la toute-puissance du charbon, comme aux expositions universelles ou dans la presse, met en valeur ses effets sur le leadership de l'économie britannique et sur la glorification du mineur. La science consacre nombre de recherches aux traités géologiques ou aux variétés de qualité. Mais l'opinion et les autorités perçoivent bien la pollution engendrée (fumées des pays noirs et des sites industriels, suie dans la vie courante, à domicile ou au-dehors), d'où des recherches sur l'efficacité des cheminées ou des poêles. L'auteur, doté d'une culture stupéfiante (journaux, romans, témoignages anciens), reconstitue le rapport des gens au charbon dans leur vie quotidienne, avec l'enjeu d'abord du « foyer » (entretien, organisation de la famille autour de lui), de l'approvisionnement, avec des crises des prix comme en 1873, du nettoyage de l'habitat et de la lessive par des femmes surchargées. Des réseaux de charité veillent aux pauvres victimes de précarité énergétique.
Guide des Livres : L’incompris redécouvert in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : L’incompris redécouvert Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 81 Langues : Français (fre) Mots-clés : Mazarin gouverner Note de contenu : Mazarin. L’art de gouverner, Olivier Poncet, Perrin, 2021, 256 p., 24 €.
Superbement écrit et bien rythmé, cet ouvrage pourtant érudit se dévore comme un roman. Olivier Poncet y retrace le parcours ô combien sinueux de ce roi de l'esquive, favori et cardinal-ministre, dont les manoeuvres politiques ne cessent de fasciner depuis plus de trois siècles : Mazarin. Au-delà des anecdotes toujours savoureuses sur celui que beaucoup de ses contemporains considéraient comme un aventurier sans scrupule et des magnifiques illustrations qui ponctuent le propos, l'ambition du livre est d'aborder une problématique fondamentale : qu'est-ce que gouverner ?
Poser la question au sujet de celui qui, après la disparition de Louis XIII, se trouve tout à la fois responsable du destin de royaume, de la régence et de la formation politique du futur souverain possède à l'évidence du sens. Mais ce qui compte ici, ce sont les circonstances particulièrement dramatiques de cet exercice du pouvoir. Les effets conjugués de la Fronde et des guerres européennes impliquant la France font que cet art de gouverner ne cesse de devoir s'ajuster à des situations toujours mouvantes. Le sol se dérobe plus d'une fois sous les pieds de ce pragmatique, son oeuvre administrative en souffre, mais non son action financière ou politique, car surmontant l'adversité, il laisse à Louis XIV un royaume en paix et en ordre, première puissance du continent. Il crée les conditions nécessaires à l'émergence d'une monarchie absolue et d'hommes tels Colbert pour la servir.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81[article] Guide des Livres : L’incompris redécouvert [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 81.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 81
Mots-clés : Mazarin gouverner Note de contenu : Mazarin. L’art de gouverner, Olivier Poncet, Perrin, 2021, 256 p., 24 €.
Superbement écrit et bien rythmé, cet ouvrage pourtant érudit se dévore comme un roman. Olivier Poncet y retrace le parcours ô combien sinueux de ce roi de l'esquive, favori et cardinal-ministre, dont les manoeuvres politiques ne cessent de fasciner depuis plus de trois siècles : Mazarin. Au-delà des anecdotes toujours savoureuses sur celui que beaucoup de ses contemporains considéraient comme un aventurier sans scrupule et des magnifiques illustrations qui ponctuent le propos, l'ambition du livre est d'aborder une problématique fondamentale : qu'est-ce que gouverner ?
Poser la question au sujet de celui qui, après la disparition de Louis XIII, se trouve tout à la fois responsable du destin de royaume, de la régence et de la formation politique du futur souverain possède à l'évidence du sens. Mais ce qui compte ici, ce sont les circonstances particulièrement dramatiques de cet exercice du pouvoir. Les effets conjugués de la Fronde et des guerres européennes impliquant la France font que cet art de gouverner ne cesse de devoir s'ajuster à des situations toujours mouvantes. Le sol se dérobe plus d'une fois sous les pieds de ce pragmatique, son oeuvre administrative en souffre, mais non son action financière ou politique, car surmontant l'adversité, il laisse à Louis XIV un royaume en paix et en ordre, première puissance du continent. Il crée les conditions nécessaires à l'émergence d'une monarchie absolue et d'hommes tels Colbert pour la servir.
Guide des Livres : Allons revoir la Normandie in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Allons revoir la Normandie Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 82 Langues : Français (fre) Mots-clés : Normandie Note de contenu : Mémoires normandes. Pour une autre histoire de Normandie, Christian Amalvi, François Guillet, Odile Parsis-Barubé (dir.), préface de Pierre Nora, Michel Houdiard Éditeur, 386 p., 30 €.
Voici du neuf, qui nous change de Deauville chabadabada, d'Arsène Lupin à l'Aiguille creuse et des selfies au Mont-Saint-Michel. En bonne fidélité aux Lieux de mémoire de Pierre Nora, lequel salue dans sa préface une « particulière réussite », 21 spécialistes cheminent tout uniment - c'est si rare dans un livre collectif ! - à travers « les lieux, les figures et les symboles dans lesquels la mémoire provinciale s'est électivement incarnée » et ils partent à la découverte sociale et mentale de « ce qui fait Normandie, aujourd'hui encore, dans l'imaginaire collectif ». Car il existe bel et bien une « normandité » pour tous. Et c'est elle qui explique, notamment, qu'en 2015 l'unification entre le Nord et le Sud se soit faite sans ces écartèlements qui caractérisent tant d'autres nouvelles « grandes » régions de l'Hexagone.
La nouveauté du livre vient de l'obstination avec laquelle il analyse en termes de géographie, d'histoire et de mémoire l'apport, si visible notamment au XIXe siècle, de cette province à l'unité nationale. Car la Normandie a été, grâce à sa richesse propre (la pomme, le camembert, les cotonnades d'Elbeuf ou la gare maritime de Cherbourg compris), un réservoir, un inventaire et un laboratoire d'images et de stéréotypes, de marques et de traces, d'us et coutumes, de vivacité culturelle offerts en bouquet inventif à la France entière.
La proximité de Paris, les floraisons au long de la Seine de Château-Gaillard à Sainte-Adresse, l'accès aux lointains maritimes, la constance des échanges, la foule des visiteurs enthousiastes et des érudits locaux ont joué leur rôle. Entre Picardie et Bretagne, la fixité de ses limites depuis les ducs a renforcé aussi sa valeur exemplaire. De Jeanne d'Arc à la Libération, en passant par Boule-de-Suif, les guerres, le malheur, la vaillance des Normands ont fait le reste. En somme, J'irai revoir ma Normandie a joliment consonné avec l'hymne national bien mis en scène. Avec, à l'orchestre symphonique, Corneille, Tocqueville, Maupassant ou La Varende, la broderie de Bayeux et les nuages de Boudin, sans oublier Proust à Cabourg, Belmondo et Gabin singes d'hiver à Villerville, Millet et Prévert près du nez de Jobourg, Monet face à la cathédrale de Rouen ou Perret reconstruisant Le Havre. Ni, bien sûr et si chers aux historiens, Arcisse de Caumont et ces Antiquaires de Normandie qui depuis 1824 ont fouillé et magnifié pour nous le mot patrimoine.
Ce livre est tout aussi fructueux lorsqu'il flâne par les champs et par les grèves, qu'il sonde les désirs de rivage, la fixité physique et humaine des bocages ou les monotonies de l'argilo-calcaire. Il découpe et assemble un puzzle, cerne un dedans et un dehors, une Normandie des élites locales confrontée aux élites parisiennes, divisée entre valleuses et boutonnières, taiseux et horsains, « pays » clos et villes industrieuses, pêcheurs de Fécamp et rimailleurs de Coutances, comices agricoles à la Flaubert et « soudaines irruptions de mélancolie » à la Barbey d'Aurevilly sur la lande de Lessay. Tous ses textes instruisent, émeuvent et feront date. Et l'article d'un enfant de l'Orne nommé Alain Corbin nous prend par la main pour faire le voyage.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 82[article] Guide des Livres : Allons revoir la Normandie [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 82.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 82
Mots-clés : Normandie Note de contenu : Mémoires normandes. Pour une autre histoire de Normandie, Christian Amalvi, François Guillet, Odile Parsis-Barubé (dir.), préface de Pierre Nora, Michel Houdiard Éditeur, 386 p., 30 €.
Voici du neuf, qui nous change de Deauville chabadabada, d'Arsène Lupin à l'Aiguille creuse et des selfies au Mont-Saint-Michel. En bonne fidélité aux Lieux de mémoire de Pierre Nora, lequel salue dans sa préface une « particulière réussite », 21 spécialistes cheminent tout uniment - c'est si rare dans un livre collectif ! - à travers « les lieux, les figures et les symboles dans lesquels la mémoire provinciale s'est électivement incarnée » et ils partent à la découverte sociale et mentale de « ce qui fait Normandie, aujourd'hui encore, dans l'imaginaire collectif ». Car il existe bel et bien une « normandité » pour tous. Et c'est elle qui explique, notamment, qu'en 2015 l'unification entre le Nord et le Sud se soit faite sans ces écartèlements qui caractérisent tant d'autres nouvelles « grandes » régions de l'Hexagone.
La nouveauté du livre vient de l'obstination avec laquelle il analyse en termes de géographie, d'histoire et de mémoire l'apport, si visible notamment au XIXe siècle, de cette province à l'unité nationale. Car la Normandie a été, grâce à sa richesse propre (la pomme, le camembert, les cotonnades d'Elbeuf ou la gare maritime de Cherbourg compris), un réservoir, un inventaire et un laboratoire d'images et de stéréotypes, de marques et de traces, d'us et coutumes, de vivacité culturelle offerts en bouquet inventif à la France entière.
La proximité de Paris, les floraisons au long de la Seine de Château-Gaillard à Sainte-Adresse, l'accès aux lointains maritimes, la constance des échanges, la foule des visiteurs enthousiastes et des érudits locaux ont joué leur rôle. Entre Picardie et Bretagne, la fixité de ses limites depuis les ducs a renforcé aussi sa valeur exemplaire. De Jeanne d'Arc à la Libération, en passant par Boule-de-Suif, les guerres, le malheur, la vaillance des Normands ont fait le reste. En somme, J'irai revoir ma Normandie a joliment consonné avec l'hymne national bien mis en scène. Avec, à l'orchestre symphonique, Corneille, Tocqueville, Maupassant ou La Varende, la broderie de Bayeux et les nuages de Boudin, sans oublier Proust à Cabourg, Belmondo et Gabin singes d'hiver à Villerville, Millet et Prévert près du nez de Jobourg, Monet face à la cathédrale de Rouen ou Perret reconstruisant Le Havre. Ni, bien sûr et si chers aux historiens, Arcisse de Caumont et ces Antiquaires de Normandie qui depuis 1824 ont fouillé et magnifié pour nous le mot patrimoine.
Ce livre est tout aussi fructueux lorsqu'il flâne par les champs et par les grèves, qu'il sonde les désirs de rivage, la fixité physique et humaine des bocages ou les monotonies de l'argilo-calcaire. Il découpe et assemble un puzzle, cerne un dedans et un dehors, une Normandie des élites locales confrontée aux élites parisiennes, divisée entre valleuses et boutonnières, taiseux et horsains, « pays » clos et villes industrieuses, pêcheurs de Fécamp et rimailleurs de Coutances, comices agricoles à la Flaubert et « soudaines irruptions de mélancolie » à la Barbey d'Aurevilly sur la lande de Lessay. Tous ses textes instruisent, émeuvent et feront date. Et l'article d'un enfant de l'Orne nommé Alain Corbin nous prend par la main pour faire le voyage.
Guide des Livres : En quête d’empire in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
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Titre : Guide des Livres : En quête d’empire Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 83 Langues : Français (fre) Mots-clés : Hitler relations internationales Note de contenu : Hitler. Le monde sinon rien, Brendan Simms, trad. de l’anglais par Johanna Blayac et Severine Weiss, Flammarion, 2021, 912 p., 39 €.
Comment renouveler un champ très balisé (l'histoire des relations internationales) et un sujet rebattu (Hitler) ? En mêlant les deux. C'est ce que parvient à faire Brendan Simms, professeur à Cambridge, spécialiste des hégémonies (celle de la Prusse au XIXe siècle) et des empires (le britannique et le napoléonien). Dans son imposant ouvrage traduit en allemand sous le titre Eine globale Biographie, l'auteur lit Hitler au prisme de ses ambitions et de ses dilections internationales. Après d'autres qui, comme Adam Tooze ou James Whitman, ont montré la fascination des hiérarques nazis pour les États-Unis, Brendan Simms insiste sur l'intérêt de Hitler pour la conquête du continent américain, la destruction des Indiens, la ségrégation raciale, ainsi que pour l'Empire colonial britannique - autant de modèles pour le Reich grand-allemand à l'Est. Il insiste également sur l'expérience fondatrice de la Grande Guerre, sa confrontation avec la puissance anglo-saxonne, quitte à la surévaluer un peu, tant l'intérêt des racistes et de l'extrême droite continentaux pour les empires « aryens » de Grande-Bretagne et d'Amérique étaient prégnants dès avant 1914.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83[article] Guide des Livres : En quête d’empire [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 83.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83
Mots-clés : Hitler relations internationales Note de contenu : Hitler. Le monde sinon rien, Brendan Simms, trad. de l’anglais par Johanna Blayac et Severine Weiss, Flammarion, 2021, 912 p., 39 €.
Comment renouveler un champ très balisé (l'histoire des relations internationales) et un sujet rebattu (Hitler) ? En mêlant les deux. C'est ce que parvient à faire Brendan Simms, professeur à Cambridge, spécialiste des hégémonies (celle de la Prusse au XIXe siècle) et des empires (le britannique et le napoléonien). Dans son imposant ouvrage traduit en allemand sous le titre Eine globale Biographie, l'auteur lit Hitler au prisme de ses ambitions et de ses dilections internationales. Après d'autres qui, comme Adam Tooze ou James Whitman, ont montré la fascination des hiérarques nazis pour les États-Unis, Brendan Simms insiste sur l'intérêt de Hitler pour la conquête du continent américain, la destruction des Indiens, la ségrégation raciale, ainsi que pour l'Empire colonial britannique - autant de modèles pour le Reich grand-allemand à l'Est. Il insiste également sur l'expérience fondatrice de la Grande Guerre, sa confrontation avec la puissance anglo-saxonne, quitte à la surévaluer un peu, tant l'intérêt des racistes et de l'extrême droite continentaux pour les empires « aryens » de Grande-Bretagne et d'Amérique étaient prégnants dès avant 1914.
Guide des Livres : Réfugiés politiques in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Réfugiés politiques Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 83 Langues : Français (fre) Mots-clés : exil Europe réfugiés politiques Note de contenu : En exil. Les réfugiés en Europe de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, Delphine Diaz, Gallimard, 2021, 528 p., 9,70 €.
Voilà un livre pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur un sujet d'actualité, celui des réfugiés politiques, et un manuel précieux pour les enseignants. C'est un tour de force d'avoir réussi la synthèse sur plus de deux siècles d'une production bibliographique internationale qui a repris, il y a une vingtaine d'années, une nouvelle vigueur puisque les travaux se sont multipliés sur les réfugiés des guerres, les displaced persons (DP) pendant et après les deux guerres mondiales, ainsi que sur la catégorie de l'exilé politique du XIXe siècle renouvelée par Sylvie Aprile. La tâche n'est pas aisée puisqu'il faut, pour rendre compte de ce phénomène, tenir ensemble les contextes politiques, économiques, religieux, les législations des différents pays et leurs évolutions, le droit international, avant de décrire les spécificités et les parcours de réfugiés politiques, catégorie composite et difficile à cerner : celui qui fuit un pays ruiné par la guerre est-il un réfugié politique ou économique ? Le livre rend compte de tendances récentes de la recherche sur les migrations : attention portée à la famille, aux femmes et enfants, au « vécu » migratoire, à la matérialité du parcours, aussi, entre murs, frontières et camps, immobilité forcée et déplacement... Pour rendre ce parcours moins aride, Delphine Diaz n'hésite pas à inclure des récits de vie illustrant ces situations en migration.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83[article] Guide des Livres : Réfugiés politiques [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 83.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83
Mots-clés : exil Europe réfugiés politiques Note de contenu : En exil. Les réfugiés en Europe de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, Delphine Diaz, Gallimard, 2021, 528 p., 9,70 €.
Voilà un livre pour tous ceux qui désirent en savoir plus sur un sujet d'actualité, celui des réfugiés politiques, et un manuel précieux pour les enseignants. C'est un tour de force d'avoir réussi la synthèse sur plus de deux siècles d'une production bibliographique internationale qui a repris, il y a une vingtaine d'années, une nouvelle vigueur puisque les travaux se sont multipliés sur les réfugiés des guerres, les displaced persons (DP) pendant et après les deux guerres mondiales, ainsi que sur la catégorie de l'exilé politique du XIXe siècle renouvelée par Sylvie Aprile. La tâche n'est pas aisée puisqu'il faut, pour rendre compte de ce phénomène, tenir ensemble les contextes politiques, économiques, religieux, les législations des différents pays et leurs évolutions, le droit international, avant de décrire les spécificités et les parcours de réfugiés politiques, catégorie composite et difficile à cerner : celui qui fuit un pays ruiné par la guerre est-il un réfugié politique ou économique ? Le livre rend compte de tendances récentes de la recherche sur les migrations : attention portée à la famille, aux femmes et enfants, au « vécu » migratoire, à la matérialité du parcours, aussi, entre murs, frontières et camps, immobilité forcée et déplacement... Pour rendre ce parcours moins aride, Delphine Diaz n'hésite pas à inclure des récits de vie illustrant ces situations en migration.
Guide des Livres : La grande Russie - l'Ironie du destin in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : La grande Russie - l'Ironie du destin Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 83 Langues : Français (fre) Mots-clés : Russie empire destin Note de contenu :
L’Ironie du destin. Une histoire des Russes et de leur empire. 1853-1991, Sabine Dullin, Payot, 300 p., 9 €.
Tiré d'un enseignement dispensé à Sciences-Po, ce livre de poche au ton alerte éclaire de façon pédagogique 138 ans d'histoire russe au prisme des enjeux impériaux. Sabine Dullin axe sa démonstration autour de sept dates clés - 1853, 1897, 1917, 1924, 1930, 1945 et 1985 - et nous mène tambour battant de grandes questions en réponses fines. De la guerre de Crimée à la perestroïka en passant par le premier recensement, l'année des deux révolutions, la succession de Lénine, le système stalinien et son héritage après la victoire sur le nazisme, cette synthèse inédite éclaire les rapports entre les Russes et les peuples qui leur sont soumis. Le recours à la littérature et au cinéma articule les événements politiques, parfois trop simplifiés, aux représentations coloniales élaborées par la puissance russe. Sous les tsars comme sous les Soviets, le pouvoir central hiérarchise pour discriminer, promeut des nationalités au détriment des autres, est antisémite (sauf entre 1917 et 1947). Le stalinisme radicalise cette domination avec des déplacements forcés, des déportations, des famines. Or, l'essor économique des républiques fédérées, fiefs de communistes de haut rang, consolide en parallèle des entités alternatives qui formeront quinze nouveaux États-nations en 1991. Fin de l'histoire ? Non : Moscou ne croit pas aux larmes.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83[article] Guide des Livres : La grande Russie - l'Ironie du destin [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 83.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83
Mots-clés : Russie empire destin Note de contenu :
L’Ironie du destin. Une histoire des Russes et de leur empire. 1853-1991, Sabine Dullin, Payot, 300 p., 9 €.
Tiré d'un enseignement dispensé à Sciences-Po, ce livre de poche au ton alerte éclaire de façon pédagogique 138 ans d'histoire russe au prisme des enjeux impériaux. Sabine Dullin axe sa démonstration autour de sept dates clés - 1853, 1897, 1917, 1924, 1930, 1945 et 1985 - et nous mène tambour battant de grandes questions en réponses fines. De la guerre de Crimée à la perestroïka en passant par le premier recensement, l'année des deux révolutions, la succession de Lénine, le système stalinien et son héritage après la victoire sur le nazisme, cette synthèse inédite éclaire les rapports entre les Russes et les peuples qui leur sont soumis. Le recours à la littérature et au cinéma articule les événements politiques, parfois trop simplifiés, aux représentations coloniales élaborées par la puissance russe. Sous les tsars comme sous les Soviets, le pouvoir central hiérarchise pour discriminer, promeut des nationalités au détriment des autres, est antisémite (sauf entre 1917 et 1947). Le stalinisme radicalise cette domination avec des déplacements forcés, des déportations, des famines. Or, l'essor économique des républiques fédérées, fiefs de communistes de haut rang, consolide en parallèle des entités alternatives qui formeront quinze nouveaux États-nations en 1991. Fin de l'histoire ? Non : Moscou ne croit pas aux larmes.
Guide des Livres : Projet autoritaire in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Projet autoritaire Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 83-84 Langues : Français (fre) Mots-clés : consulat société propriétaire fabrique de l'Etat Note de contenu : Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l’État et la société propriétaire, Marc Belissa, Yannick Bosc, La Fabrique Éditions, 2021, 304 p., 15 €.
Trois ans après Le Directoire. La république sans la démocratie, chez le même éditeur, Marc Belissa et Yannick Bosc proposent un nouvel essai de synthèse, destiné à un large public. On reconnaît leur talent pour embrasser la mémoire et l'histoire d'une période tout en proposant une interprétation singulière, dans un style clair et nourri. Ils entendent renouveler l'image méconnue et souvent surannée du Consulat, mais aussi les traditions interprétatives venues de la gauche, dans lesquelles ils s'inscrivent. A les lire, le Consulat n'est ni vraiment la continuité de la Révolution, ni même des « principes de 1789 », ni, enfin, la mort de toute dynamique révolutionnaire : il s'inscrirait plutôt dans la seconde phase de la Révolution, allant de 1795 à 1804, pendant laquelle la République directoriale laisse la place à un projet aut
Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l’État et la société propriétaire, Marc Belissa, Yannick Bosc, La Fabrique Éditions, 2021, 304 p., 15 €.
Trois ans après Le Directoire. La république sans la démocratie, chez le même éditeur, Marc Belissa et Yannick Bosc proposent un nouvel essai de synthèse, destiné à un large public. On reconnaît leur talent pour embrasser la mémoire et l'histoire d'une période tout en proposant une interprétation singulière, dans un style clair et nourri. Ils entendent renouveler l'image méconnue et souvent surannée du Consulat, mais aussi les traditions interprétatives venues de la gauche, dans lesquelles ils s'inscrivent. A les lire, le Consulat n'est ni vraiment la continuité de la Révolution, ni même des « principes de 1789 », ni, enfin, la mort de toute dynamique révolutionnaire : il s'inscrirait plutôt dans la seconde phase de la Révolution, allant de 1795 à 1804, pendant laquelle la République directoriale laisse la place à un projet autoritaire, personnalisé et centralisé. Un projet dont on souligne trop peu souvent l'originalité ainsi que son important legs en matière institutionnelle, politique, économique et sociale. S'il prête sans doute à discussion, notamment dans son objectif de partir à la quête des « origines autoritaires » de la « société propriétaire », ce livre apporte un vif éclairage au débat.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83-84[article] Guide des Livres : Projet autoritaire [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 83-84.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 83-84
Mots-clés : consulat société propriétaire fabrique de l'Etat Note de contenu : Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l’État et la société propriétaire, Marc Belissa, Yannick Bosc, La Fabrique Éditions, 2021, 304 p., 15 €.
Trois ans après Le Directoire. La république sans la démocratie, chez le même éditeur, Marc Belissa et Yannick Bosc proposent un nouvel essai de synthèse, destiné à un large public. On reconnaît leur talent pour embrasser la mémoire et l'histoire d'une période tout en proposant une interprétation singulière, dans un style clair et nourri. Ils entendent renouveler l'image méconnue et souvent surannée du Consulat, mais aussi les traditions interprétatives venues de la gauche, dans lesquelles ils s'inscrivent. A les lire, le Consulat n'est ni vraiment la continuité de la Révolution, ni même des « principes de 1789 », ni, enfin, la mort de toute dynamique révolutionnaire : il s'inscrirait plutôt dans la seconde phase de la Révolution, allant de 1795 à 1804, pendant laquelle la République directoriale laisse la place à un projet aut
Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l’État et la société propriétaire, Marc Belissa, Yannick Bosc, La Fabrique Éditions, 2021, 304 p., 15 €.
Trois ans après Le Directoire. La république sans la démocratie, chez le même éditeur, Marc Belissa et Yannick Bosc proposent un nouvel essai de synthèse, destiné à un large public. On reconnaît leur talent pour embrasser la mémoire et l'histoire d'une période tout en proposant une interprétation singulière, dans un style clair et nourri. Ils entendent renouveler l'image méconnue et souvent surannée du Consulat, mais aussi les traditions interprétatives venues de la gauche, dans lesquelles ils s'inscrivent. A les lire, le Consulat n'est ni vraiment la continuité de la Révolution, ni même des « principes de 1789 », ni, enfin, la mort de toute dynamique révolutionnaire : il s'inscrirait plutôt dans la seconde phase de la Révolution, allant de 1795 à 1804, pendant laquelle la République directoriale laisse la place à un projet autoritaire, personnalisé et centralisé. Un projet dont on souligne trop peu souvent l'originalité ainsi que son important legs en matière institutionnelle, politique, économique et sociale. S'il prête sans doute à discussion, notamment dans son objectif de partir à la quête des « origines autoritaires » de la « société propriétaire », ce livre apporte un vif éclairage au débat.
Guide des Livres : Dans le panier des pauvres in L'Histoire, N° 491 (Janvier 2022)
[article]
Titre : Guide des Livres : Dans le panier des pauvres Type de document : texte imprimé (livres, articles, périodiques) Année de publication : 2022 Article en page(s) : p. 84 Langues : Français (fre) Mots-clés : vie à crédit panier consommation pauvres Paris Note de contenu :
La Vie à crédit. La consommation des classes populaires à Paris. Années 1880-1920, Anaïs Albert, Éditions de la Sorbonne, 2021, 388 p., 24 €.
Le beau livre d'Anaïs Albert, issu de sa thèse, éclaire les pratiques des classes populaires parisiennes au tournant des XIXe et XXe siècles. L'historienne a mobilisé des sources souvent peu exploitées, notamment des scellés pour arrêt, des rôles fiscaux ou les archives du Mont-de-Piété, qui viennent enrichir l'étude plus traditionnelle par les budgets. Elle s'attache ainsi à retracer les acquisitions en plein essor d'objets, tantôt traditionnels (vêtements et meubles), tantôt nouveaux (vélos ou machines à coudre), mais aussi les manières dont ces biens circulent ensuite parmi les classes populaires, par exemple quand ils sont mis en gage, volés ou réparés : les femmes reprisent le linge quand les hommes réparent les chaussures. Elle nous fait pénétrer dans des appartements, restitue le souci d'aménager et de décorer les intérieurs, nous dresse les inventaires de biens patiemment accumulés. Souvent ils sont acquis dans ces grands magasins, comme celui fondé par Georges Dufayel, où des formes de crédit à la consommation s'inventent. Elle signale l'épreuve que constitue la Grande Guerre, avec des mobilisations contre la vie chère, au terme de laquelle nombre de Parisiens modestes sont expulsés de leur logement : 50 000 sans doute en juin 1919 ! Elle montre ainsi que coexistent deux modèles de consommation : le premier esquisse la consommation de masse et passe par l'acquisition d'objets neufs à prix fixe ; le second prolonge des pratiques d'usages d'objets d'occasion, récupérés ou marchandés.
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 84[article] Guide des Livres : Dans le panier des pauvres [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2022 . - p. 84.
Langues : Français (fre)
in L'Histoire > N° 491 (Janvier 2022) . - p. 84
Mots-clés : vie à crédit panier consommation pauvres Paris Note de contenu :
La Vie à crédit. La consommation des classes populaires à Paris. Années 1880-1920, Anaïs Albert, Éditions de la Sorbonne, 2021, 388 p., 24 €.
Le beau livre d'Anaïs Albert, issu de sa thèse, éclaire les pratiques des classes populaires parisiennes au tournant des XIXe et XXe siècles. L'historienne a mobilisé des sources souvent peu exploitées, notamment des scellés pour arrêt, des rôles fiscaux ou les archives du Mont-de-Piété, qui viennent enrichir l'étude plus traditionnelle par les budgets. Elle s'attache ainsi à retracer les acquisitions en plein essor d'objets, tantôt traditionnels (vêtements et meubles), tantôt nouveaux (vélos ou machines à coudre), mais aussi les manières dont ces biens circulent ensuite parmi les classes populaires, par exemple quand ils sont mis en gage, volés ou réparés : les femmes reprisent le linge quand les hommes réparent les chaussures. Elle nous fait pénétrer dans des appartements, restitue le souci d'aménager et de décorer les intérieurs, nous dresse les inventaires de biens patiemment accumulés. Souvent ils sont acquis dans ces grands magasins, comme celui fondé par Georges Dufayel, où des formes de crédit à la consommation s'inventent. Elle signale l'épreuve que constitue la Grande Guerre, avec des mobilisations contre la vie chère, au terme de laquelle nombre de Parisiens modestes sont expulsés de leur logement : 50 000 sans doute en juin 1919 ! Elle montre ainsi que coexistent deux modèles de consommation : le premier esquisse la consommation de masse et passe par l'acquisition d'objets neufs à prix fixe ; le second prolonge des pratiques d'usages d'objets d'occasion, récupérés ou marchandés.





