[n° ou bulletin] est un bulletin de
| Titre : |
523 - Mai. Juin 2025 - IA : un paradis sous surveillance |
| Type de document : |
texte imprimé (livres, articles, périodiques) |
| Année de publication : |
2025 |
| Importance : |
85 p. |
| Note générale : |
Numéro en tête-bêche. Alter Médialab n°14 (mai 2025). Jeunes et libres : libertés singulières d'une jeunesse plurielle |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Intelligence artificielle |
| Résumé : |
La couverture de ce numéro illustre le monde radieux, l’Eden aux mille promesses, que représente pour certains l’intelligence artificielle. Hugues Bersini, professeur d’informatique, directeur du centre Iridia et cofondateur de l’institut Fari, fait partie de ceux qui, depuis 40 ans déjà , cultivent l’enthousiasme à l’égard de l’IA. Il regrette que «les administrations publiques [y soient] extrêmement frileuses, à tort selon [lui], parce qu’il y a des automatisations, des complémentarités qui leur seraient très bénéfiques, en tout cas dans la vision qu’[il] défend d’une IA beaucoup plus ouverte et transparente». (Lire l’interview «Le public doit se saisir de l’IA pour ne pas la laisser aux mains du privé»)
Pourtant, force est de constater que l’IA s’est fait une place de choix dans la lutte contre la fraude sociale. Onem, ONSS, Inami, etc., n’hésitent désormais plus à recourir aux croisements de données et modèles algorithmiques plus complexes pour débusquer les fraudeurs (lire «Les algorithmes, avatars de la lutte contre la fraude sociale»).
Ce n’est donc pas pour rien qu’un serpent s’est glissé, camouflé parmi les câbles, dans nos illustrations. Comme celui de la Genèse, il symbolise le risque inhérent à ce qui nous séduit: précipiter notre chute.
L’ambiguïté de l’IA est patente en matière d’emploi. Nous fera-t-elle gagner en productivité ou fera-t-elle disparaître des centaines de métiers? Difficile encore à prédire, mais pour Nicolas Van Zeebroeck, professeur à Solvay, la clé est dans la complémentarité: «On peut se servir de ces outils pour penser à notre place, ou on peut s’en servir pour nous aider à penser mieux. Ce n’est pas du tout la même manière de les utiliser.» (Lire «L’IA va-t-elle prendre notre place?»)
Promesses et précaution aussi dans le secteur hospitalier, qui jongle entre amélioration des soins et protection des données de santé des patients (lire «IA à l’hôpital: à la conquête des données de santé», p. 41-44).
Enfin, les nombreux biais sexistes reproduits par l’IA, qui a «parfois tendance à amplifier ce qui est présent dans les données» (lire «IA: un nom de code au masculin?»), nous amènent à la conclusion que l’IA n’est pas bonne ou mauvaise en soi, elle reflète ce qu’elle voit.
Dossier illustré par Itziar Barrios
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| Note de contenu : |
«Le public doit se saisir de l’IA pour ne pas la laisser aux mains du privé»
Malgré ses quatre décennies d’expérience, Hugues Bersini parvient encore à être bluffé par les progrès de l’intelligence artificielle. Mais avec suffisamment de recul pour faire la part entre les craintes infondées et les risques réels qu’elle suscite. Ce professeur d’informatique, directeur du centre Iridia et cofondateur de l’institut Fari, assure que l’IA peut servir le bien commun et persévère – sans grand succès jusqu’à présent – dans ses tentatives d’en convaincre les administrations publiques…
L’IA va-t-elle prendre notre place?
L’intelligence artificielle rebat les cartes du travail – ou, en tout cas, de certains emplois. Derrière les promesses d’efficacité de ces nouveaux outils, une réalité plus ambivalente se dessine, teintée de peurs et d’espoirs. Comment le travail s’adapte-t-il, résiste-t-il, se redéfinit-il à l’ère de l’IA?
IA: un nom de code au masculin?
Des assistants vocaux à la voix suave, des images générées empreintes de clichés, des traductions genrées stéréotypées: les clichés sexistes n’épargnent pas l’intelligence artificielle, miroir de notre société.
Les algorithmes, avatars de la lutte contre la fraude sociale
Le croisement de données à caractère personnel entre administrations publiques est désormais courant pour lutter contre la fraude sociale. Mais les progrès technologiques ont poussé encore plus loin l’usage d’algorithmes antifraude, jusqu’à anticiper les «profils suspects». Un usage non sans risques de discrimination, a fortiori lorsqu’il s’opère dans l’opacité et loin de tout contrôle démocratique…
IA à l’hôpital : à la conquête des données de santé
Pour entraîner leurs outils d’intelligence artificielle en santé, les start-up ont besoin d’accéder à une grande quantité de données de santé, classées « sensibles » par le Règlement général européen sur la protection des données (RGPD). Avec à l’horizon l’espoir d’un système de santé moins coûteux et plus performant.
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[n° ou bulletin] est un bulletin de
523 - Mai. Juin 2025 - IA : un paradis sous surveillance [texte imprimĂ© (livres, articles, pĂ©riodiques)] . - 2025 . - 85 p. Numéro en tête-bêche. Alter Médialab n°14 (mai 2025). Jeunes et libres : libertés singulières d'une jeunesse plurielle Langues : Français ( fre)
| Mots-clés : |
Intelligence artificielle |
| Résumé : |
La couverture de ce numéro illustre le monde radieux, l’Eden aux mille promesses, que représente pour certains l’intelligence artificielle. Hugues Bersini, professeur d’informatique, directeur du centre Iridia et cofondateur de l’institut Fari, fait partie de ceux qui, depuis 40 ans déjà , cultivent l’enthousiasme à l’égard de l’IA. Il regrette que «les administrations publiques [y soient] extrêmement frileuses, à tort selon [lui], parce qu’il y a des automatisations, des complémentarités qui leur seraient très bénéfiques, en tout cas dans la vision qu’[il] défend d’une IA beaucoup plus ouverte et transparente». (Lire l’interview «Le public doit se saisir de l’IA pour ne pas la laisser aux mains du privé»)
Pourtant, force est de constater que l’IA s’est fait une place de choix dans la lutte contre la fraude sociale. Onem, ONSS, Inami, etc., n’hésitent désormais plus à recourir aux croisements de données et modèles algorithmiques plus complexes pour débusquer les fraudeurs (lire «Les algorithmes, avatars de la lutte contre la fraude sociale»).
Ce n’est donc pas pour rien qu’un serpent s’est glissé, camouflé parmi les câbles, dans nos illustrations. Comme celui de la Genèse, il symbolise le risque inhérent à ce qui nous séduit: précipiter notre chute.
L’ambiguïté de l’IA est patente en matière d’emploi. Nous fera-t-elle gagner en productivité ou fera-t-elle disparaître des centaines de métiers? Difficile encore à prédire, mais pour Nicolas Van Zeebroeck, professeur à Solvay, la clé est dans la complémentarité: «On peut se servir de ces outils pour penser à notre place, ou on peut s’en servir pour nous aider à penser mieux. Ce n’est pas du tout la même manière de les utiliser.» (Lire «L’IA va-t-elle prendre notre place?»)
Promesses et précaution aussi dans le secteur hospitalier, qui jongle entre amélioration des soins et protection des données de santé des patients (lire «IA à l’hôpital: à la conquête des données de santé», p. 41-44).
Enfin, les nombreux biais sexistes reproduits par l’IA, qui a «parfois tendance à amplifier ce qui est présent dans les données» (lire «IA: un nom de code au masculin?»), nous amènent à la conclusion que l’IA n’est pas bonne ou mauvaise en soi, elle reflète ce qu’elle voit.
Dossier illustré par Itziar Barrios
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«Le public doit se saisir de l’IA pour ne pas la laisser aux mains du privé»
Malgré ses quatre décennies d’expérience, Hugues Bersini parvient encore à être bluffé par les progrès de l’intelligence artificielle. Mais avec suffisamment de recul pour faire la part entre les craintes infondées et les risques réels qu’elle suscite. Ce professeur d’informatique, directeur du centre Iridia et cofondateur de l’institut Fari, assure que l’IA peut servir le bien commun et persévère – sans grand succès jusqu’à présent – dans ses tentatives d’en convaincre les administrations publiques…
L’IA va-t-elle prendre notre place?
L’intelligence artificielle rebat les cartes du travail – ou, en tout cas, de certains emplois. Derrière les promesses d’efficacité de ces nouveaux outils, une réalité plus ambivalente se dessine, teintée de peurs et d’espoirs. Comment le travail s’adapte-t-il, résiste-t-il, se redéfinit-il à l’ère de l’IA?
IA: un nom de code au masculin?
Des assistants vocaux à la voix suave, des images générées empreintes de clichés, des traductions genrées stéréotypées: les clichés sexistes n’épargnent pas l’intelligence artificielle, miroir de notre société.
Les algorithmes, avatars de la lutte contre la fraude sociale
Le croisement de données à caractère personnel entre administrations publiques est désormais courant pour lutter contre la fraude sociale. Mais les progrès technologiques ont poussé encore plus loin l’usage d’algorithmes antifraude, jusqu’à anticiper les «profils suspects». Un usage non sans risques de discrimination, a fortiori lorsqu’il s’opère dans l’opacité et loin de tout contrôle démocratique…
IA à l’hôpital : à la conquête des données de santé
Pour entraîner leurs outils d’intelligence artificielle en santé, les start-up ont besoin d’accéder à une grande quantité de données de santé, classées « sensibles » par le Règlement général européen sur la protection des données (RGPD). Avec à l’horizon l’espoir d’un système de santé moins coûteux et plus performant.
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