[n° ou bulletin] est un bulletin de
| Titre : |
299 - 2025-4 - 80 ans ANAS : hier, aujourd'hui demain |
| Type de document : |
texte imprimé (livres, articles, périodiques) |
| Année de publication : |
2025 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Note de contenu : |
Numéro coordonné par Cristina De Robertis
Le 9 décembre 1944 s’est réunie à Paris l’assemblée qui a constitué l’Association nationale des assistantes sociales diplômées d’État (ANASDE). Depuis quatre-vingts ans, l’ANAS poursuit son action et sa lutte pour la promotion de la profession d’assistant de service social et de ses valeurs, notamment la place des personnes accompagnées, l’accès aux droits, la lutte contre les discriminations et l’engagement pour la justice sociale. Ce numéro de La Revue française de service social célèbre cet anniversaire. La première partie présente les documents historiques de l’époque de la création de l’Association, les débats qui ont précédé sa création, les comptes rendus de différentes assemblées, les premiers pas de l’Association qui deviendra ensuite l’ANAS en 1948. La deuxième partie rend compte des événements organisés pour cet anniversaire au cours de 2024-2025, et présente plusieurs témoignages de professionnels sur leur engagement dans l’Association. La troisième partie fait part de défis et d’orientations d’avenir, dont certains sont toujours en cours d’élaboration.
Éditorial
Le 9 décembre 1944 s’est réunie à Paris l’assemblée qui a créé l’Association nationale des assistantes sociales diplômées d’État (ANASDE). Depuis quatre-vingts ans, l’Association nationale des assistants de service social (ANAS) poursuit son action et sa lutte pour la promotion de la profession d’assistant de service social et de ses valeurs, notamment la place des personnes accompagnées, l’accès aux droits, la lutte contre les discriminations et l’engagement pour la justice sociale.
Ce numéro de La Revue française de service social (RFSS) célèbre cet anniversaire. En cela, elle replace le souvenir de cet événement passé dans un triple mouvement :
un regard porté sur ce qui a été, sur le passé ;
une affirmation sur le présent dans la célébration et la mémoire ;
une projection vers l’avant pour dessiner un avenir souhaité qui se profile et se construit.
Ainsi, passé, présent et avenir s’entrelacent, interagissent, se complètent, s’enrichissent réciproquement.
Au cours de son histoire, l’ANAS a traversé différentes épreuves, l’Association a su y faire face, s’adapter, se transformer et poursuivre son action en suivant les principes forts qui constituent ses invariants. En 2017, La Revue française de service social no 266 intitulée L’ANAS aux tournants de l’histoire : entre continuité et changement en rendait compte et y publiait des morceaux choisis de ses parutions au cours des moments clés de tension historique. En 2018, le numéro 268 était dédié à la première présidente de l’ANASDE : Ruth Libermann, un parcours d’engagement professionnel, il éditait sa biographie [1] et un certain nombre de ses écrits emblématiques. Puis, en 2023, la RFSS no 290 présentait Regards sur l’histoire du service social avec de nombreux articles témoignant du bond en avant de la recherche historique sur le service social.
Toutes ces publications nous permettent de mieux connaître nos racines, de savoir d’où nous venons et, riches de ces acquis, de mieux comprendre le présent et de puiser des forces pour construire l’avenir.
Dans ce déroulé, nous pouvons retrouver les principes solides qui constituent les constantes de notre profession et qui se maintiennent comme des phares qui guident le chemin tout en éclairant les changements. Trois grandes options ont toujours été présentes dans cette profession : un engagement de justice sociale, être au service des personnes, se former pour agir.
L’engagement pour la justice sociale implique la volonté que chaque personne trouve sa place dans la société et qu’aucune ne soit laissée au bord du chemin ; que chacune obtienne ce qui lui est nécessaire pour vivre décemment et accomplir sa vie au mieux. Cela suppose un engagement pour des changements qui bénéficient aux plus faibles et aux plus vulnérables d’entre nous, un souci d’égalité, de meilleure répartition des richesses.
Être au service des personnes est l’un des principes inscrits dans le code de déontologie dans la définition de la profession : « L’assistant de service social est au service de la personne humaine dans la société. » De ce principe découlent les valeurs éthiques souscrites : respect de la personne et de sa dignité, acceptation, non-jugement, non-discrimination… et obligation légale de secret professionnel. Déjà , Ruth Libermann affirmait : « Toutes les assistantes sociales ont d’instinct déclaré depuis longtemps qu’en fait, elles ne sont pas au service de ceux qui les rétribuent, mais au service de ceux qui s’adressent à elles . » Cela signifie que c’est l’employeur qui met au service des usagers un professionnel compétent pour les aider à résoudre leurs difficultés et à acquérir plus d’autonomie.
L’importance de la formation est affirmée dès la naissance de la profession, au tout début du XXe siècle, avec la création des premières écoles de formation. Pas étonnant alors que l’exigence du diplôme pour exercer ait été le chantier emblématique de la fondation de l’ANASDE. La réglementation de la profession en découle. L’obligation pour les ASS de poursuivre une formation continue au cours de leur carrière est établie dans le préambule du code de déontologie des assistants de service social. La lutte pour la reconnaissance du diplôme est toujours d’actualité, et l’intervention de l’ANAS dans les modifications des programmes d’études et des réglementations a été constante. C’est encore aujourd’hui un chantier d’actualité qui prévoit de nouvelles mobilisations.
Le présent numéro s’inscrit dans cette même dynamique et fait référence à ces mêmes principes.
La première partie présente les documents historiques de l’époque de la création de l’Association, les débats qui ont précédé sa création, les comptes rendus de différentes assemblées, les premiers pas de l’Association qui deviendra ensuite l’ANAS en 1948. Nous publions ce dossier avec l’autorisation du Groupe de recherche en histoire du service social (GREHSS), il figure dans le numéro 28 de la revue Les Temps du social, de décembre 2024, et est accessible sur leur site : www.grehss.fr.
La deuxième partie rend compte des événements organisés pour cet anniversaire au cours de 2024-2025. Tout d’abord, le plaidoyer pour les 80 ans de l’ANAS, rédigé par le comité de pilotage des festivités et qui fut largement diffusé en décembre 2024. Deux articles présentent la synthèse de deux manifestations organisées par des sections de l’ANAS, l’une à Bordeaux, l’autre à Paris. De cette dernière journée sont publiés aussi le discours d’ouverture de la présidente de l’ANAS ainsi que plusieurs témoignages de professionnels sur leur engagement dans l’Association.
La troisième partie fait part de défis et d’orientations d’avenir, dont certains sont toujours en cours d’élaboration. La section des Pyrénées et celle du Languedoc-Roussillon présentent leurs activités et leurs projets. Une assistante sociale souhaite intégrer d’autres modalités d’intervention dans la pratique professionnelle. Le conseil d’administration de l’ANAS expose « la belle histoire à venir du service social » et, en conclusion, des adhérents explicitent la formation à laquelle nous aspirons.
Puisse ce numéro de la RFSS alimenter nos réflexions pour trouver des issues à la crise actuelle, car toute situation de crise ouvre des opportunités insoupçonnées.
Cristina De Robertis |
[n° ou bulletin] est un bulletin de
299 - 2025-4 - 80 ans ANAS : hier, aujourd'hui demain [texte imprimé (livres, articles, périodiques)] . - 2025. Langues : Français ( fre)
| Note de contenu : |
Numéro coordonné par Cristina De Robertis
Le 9 décembre 1944 s’est réunie à Paris l’assemblée qui a constitué l’Association nationale des assistantes sociales diplômées d’État (ANASDE). Depuis quatre-vingts ans, l’ANAS poursuit son action et sa lutte pour la promotion de la profession d’assistant de service social et de ses valeurs, notamment la place des personnes accompagnées, l’accès aux droits, la lutte contre les discriminations et l’engagement pour la justice sociale. Ce numéro de La Revue française de service social célèbre cet anniversaire. La première partie présente les documents historiques de l’époque de la création de l’Association, les débats qui ont précédé sa création, les comptes rendus de différentes assemblées, les premiers pas de l’Association qui deviendra ensuite l’ANAS en 1948. La deuxième partie rend compte des événements organisés pour cet anniversaire au cours de 2024-2025, et présente plusieurs témoignages de professionnels sur leur engagement dans l’Association. La troisième partie fait part de défis et d’orientations d’avenir, dont certains sont toujours en cours d’élaboration.
Éditorial
Le 9 décembre 1944 s’est réunie à Paris l’assemblée qui a créé l’Association nationale des assistantes sociales diplômées d’État (ANASDE). Depuis quatre-vingts ans, l’Association nationale des assistants de service social (ANAS) poursuit son action et sa lutte pour la promotion de la profession d’assistant de service social et de ses valeurs, notamment la place des personnes accompagnées, l’accès aux droits, la lutte contre les discriminations et l’engagement pour la justice sociale.
Ce numéro de La Revue française de service social (RFSS) célèbre cet anniversaire. En cela, elle replace le souvenir de cet événement passé dans un triple mouvement :
un regard porté sur ce qui a été, sur le passé ;
une affirmation sur le présent dans la célébration et la mémoire ;
une projection vers l’avant pour dessiner un avenir souhaité qui se profile et se construit.
Ainsi, passé, présent et avenir s’entrelacent, interagissent, se complètent, s’enrichissent réciproquement.
Au cours de son histoire, l’ANAS a traversé différentes épreuves, l’Association a su y faire face, s’adapter, se transformer et poursuivre son action en suivant les principes forts qui constituent ses invariants. En 2017, La Revue française de service social no 266 intitulée L’ANAS aux tournants de l’histoire : entre continuité et changement en rendait compte et y publiait des morceaux choisis de ses parutions au cours des moments clés de tension historique. En 2018, le numéro 268 était dédié à la première présidente de l’ANASDE : Ruth Libermann, un parcours d’engagement professionnel, il éditait sa biographie [1] et un certain nombre de ses écrits emblématiques. Puis, en 2023, la RFSS no 290 présentait Regards sur l’histoire du service social avec de nombreux articles témoignant du bond en avant de la recherche historique sur le service social.
Toutes ces publications nous permettent de mieux connaître nos racines, de savoir d’où nous venons et, riches de ces acquis, de mieux comprendre le présent et de puiser des forces pour construire l’avenir.
Dans ce déroulé, nous pouvons retrouver les principes solides qui constituent les constantes de notre profession et qui se maintiennent comme des phares qui guident le chemin tout en éclairant les changements. Trois grandes options ont toujours été présentes dans cette profession : un engagement de justice sociale, être au service des personnes, se former pour agir.
L’engagement pour la justice sociale implique la volonté que chaque personne trouve sa place dans la société et qu’aucune ne soit laissée au bord du chemin ; que chacune obtienne ce qui lui est nécessaire pour vivre décemment et accomplir sa vie au mieux. Cela suppose un engagement pour des changements qui bénéficient aux plus faibles et aux plus vulnérables d’entre nous, un souci d’égalité, de meilleure répartition des richesses.
Être au service des personnes est l’un des principes inscrits dans le code de déontologie dans la définition de la profession : « L’assistant de service social est au service de la personne humaine dans la société. » De ce principe découlent les valeurs éthiques souscrites : respect de la personne et de sa dignité, acceptation, non-jugement, non-discrimination… et obligation légale de secret professionnel. Déjà , Ruth Libermann affirmait : « Toutes les assistantes sociales ont d’instinct déclaré depuis longtemps qu’en fait, elles ne sont pas au service de ceux qui les rétribuent, mais au service de ceux qui s’adressent à elles . » Cela signifie que c’est l’employeur qui met au service des usagers un professionnel compétent pour les aider à résoudre leurs difficultés et à acquérir plus d’autonomie.
L’importance de la formation est affirmée dès la naissance de la profession, au tout début du XXe siècle, avec la création des premières écoles de formation. Pas étonnant alors que l’exigence du diplôme pour exercer ait été le chantier emblématique de la fondation de l’ANASDE. La réglementation de la profession en découle. L’obligation pour les ASS de poursuivre une formation continue au cours de leur carrière est établie dans le préambule du code de déontologie des assistants de service social. La lutte pour la reconnaissance du diplôme est toujours d’actualité, et l’intervention de l’ANAS dans les modifications des programmes d’études et des réglementations a été constante. C’est encore aujourd’hui un chantier d’actualité qui prévoit de nouvelles mobilisations.
Le présent numéro s’inscrit dans cette même dynamique et fait référence à ces mêmes principes.
La première partie présente les documents historiques de l’époque de la création de l’Association, les débats qui ont précédé sa création, les comptes rendus de différentes assemblées, les premiers pas de l’Association qui deviendra ensuite l’ANAS en 1948. Nous publions ce dossier avec l’autorisation du Groupe de recherche en histoire du service social (GREHSS), il figure dans le numéro 28 de la revue Les Temps du social, de décembre 2024, et est accessible sur leur site : www.grehss.fr.
La deuxième partie rend compte des événements organisés pour cet anniversaire au cours de 2024-2025. Tout d’abord, le plaidoyer pour les 80 ans de l’ANAS, rédigé par le comité de pilotage des festivités et qui fut largement diffusé en décembre 2024. Deux articles présentent la synthèse de deux manifestations organisées par des sections de l’ANAS, l’une à Bordeaux, l’autre à Paris. De cette dernière journée sont publiés aussi le discours d’ouverture de la présidente de l’ANAS ainsi que plusieurs témoignages de professionnels sur leur engagement dans l’Association.
La troisième partie fait part de défis et d’orientations d’avenir, dont certains sont toujours en cours d’élaboration. La section des Pyrénées et celle du Languedoc-Roussillon présentent leurs activités et leurs projets. Une assistante sociale souhaite intégrer d’autres modalités d’intervention dans la pratique professionnelle. Le conseil d’administration de l’ANAS expose « la belle histoire à venir du service social » et, en conclusion, des adhérents explicitent la formation à laquelle nous aspirons.
Puisse ce numéro de la RFSS alimenter nos réflexions pour trouver des issues à la crise actuelle, car toute situation de crise ouvre des opportunités insoupçonnées.
Cristina De Robertis |
|  |