[n° ou bulletin] est un bulletin de / Antoine Ullmann| Titre : | 298 - mars 2026 - Autoportraits | | Type de document : | Livres, articles, périodiques | | Année de publication : | 2026 | | Langues : | Français (fre) | | Mots-clés : | Autoportraits | | Résumé : | Ceci est mon corps… ou plutôt, mon visage ! Yue Minjun s’avance vers nous et se présente, tout sourire. C’est une tradition ancienne chez les peintres et les sculpteurs, qui remonte à la fin du Moyen Âge : l’autoportrait. Ces oeuvres, qui sont nées avec l’essor du miroir en Europe, ont permis aux artistes de se faire un nom. Jusque-là, ils répondaient surtout aux commandes des religieux et des nobles, créant des scènes historiques ou mythologiques – dans lesquelles ils glissaient parfois le portrait de leurs mécènes. En se représentant eux-mêmes, ils affirment qu’ils ne sont plus de simples exécutants, mais des créateurs à part entière, avec une personnalité. Ils nous disent : je suis celui qui a peint cela, qui a sculpté ou dessiné cela, et je mérite d’être reconnu.
Quelque 600 ans plus tard, Yue Minjun s’affiche à son tour, dans une série d’oeuvres où tous les personnages prennent les traits de son visage : des inconnus dans une foule, des diablotins, des militaires… ou juste un personnage isolé, comme ici, sur fond de ciel bleu. L’artiste chinois démultiplie ainsi son image, partout. Aurait-il pris la grosse tête ? En réalité, il joue plutôt avec la censure. Dans une Chine autoritaire qui contrôle strictement la population et encore plus les artistes, les oeuvres critiques sont rapidement interdites. Mais que peut-on reprocher à des fous rires ?
On perçoit pourtant bien, à force de le regarder, que ce sourire a quelque chose de forcé. Cette série d’autoportraits nous racontent donc aussi la société chinoise actuelle, qui s’uniformise et semble obligée de faire bonne figure, malgré le manque de libertés politiques. Mais ce sourire forcé nous renvoie également à la mode du selfie. Téléphone à bout de bras, tout le monde se prend aujourd’hui en photo et diffuse une représentation lisse, lumineuse et coloré de soi-même. L’autoportrait de Yue Minjun semble nous mettre en garde contre cet égocentrisme : à trop se focaliser sur notre image, on risquerait bien – comme lui ici – d’en perdre la tête. | | Note de contenu : | Au sommaire
Miroir, mon beau miroir…
L’autoportrait nous semble aujourd’hui une chose tout à fait banale. Pourtant, cette pratique n’existe que depuis 600 ans ! Découvrons comment est né ce genre bien particulier.
L’artiste, c’est moi !
Faire son autoportrait, c’est donc se faire (re)connaître en tant qu’artiste. l’occasion de montrer son talent, de témoigner de son quotidien et d’affirmer une place à part dans le monde.
Confessions intimes
Se représenter oui, mais il n’y a pas que l’apparence qui compte ! L’autoportrait est parfois une façon de raconter ses émotions, ses doutes ou ses états d’âme…
Quand les artistes jouent à cache-cache
Et si les autoportraits n’étaient pas toujours ce que l’on croit ? nombreux sont les artistes à jouer avec ce genre pour créer des versions codées, mystérieuses ou surprenantes. parties de cache-cache garanties !
Champions et championnes de l’autoportrait
Au fil du temps, l’autoportrait est presque devenu un passage obligé pour les artistes, un exercice imposé dans l’apprentissage et la maîtrise de la peinture, la sculpture ou la photographie. Certains en ont même fait une spécialité !
Le règne du selfie ?
Clic, c’est dans la boîte ! ou plutôt dans le téléphone. de nos jours, avec les smartphones, se photographier n’a jamais été aussi simple. qu’est-ce que cela raconte de nous, et de notre époque ? |
[n° ou bulletin] est un bulletin de / Antoine Ullmann298 - mars 2026 - Autoportraits [Livres, articles, périodiques] . - 2026. Langues : Français ( fre) | Mots-clés : | Autoportraits | | Résumé : | Ceci est mon corps… ou plutôt, mon visage ! Yue Minjun s’avance vers nous et se présente, tout sourire. C’est une tradition ancienne chez les peintres et les sculpteurs, qui remonte à la fin du Moyen Âge : l’autoportrait. Ces oeuvres, qui sont nées avec l’essor du miroir en Europe, ont permis aux artistes de se faire un nom. Jusque-là, ils répondaient surtout aux commandes des religieux et des nobles, créant des scènes historiques ou mythologiques – dans lesquelles ils glissaient parfois le portrait de leurs mécènes. En se représentant eux-mêmes, ils affirment qu’ils ne sont plus de simples exécutants, mais des créateurs à part entière, avec une personnalité. Ils nous disent : je suis celui qui a peint cela, qui a sculpté ou dessiné cela, et je mérite d’être reconnu.
Quelque 600 ans plus tard, Yue Minjun s’affiche à son tour, dans une série d’oeuvres où tous les personnages prennent les traits de son visage : des inconnus dans une foule, des diablotins, des militaires… ou juste un personnage isolé, comme ici, sur fond de ciel bleu. L’artiste chinois démultiplie ainsi son image, partout. Aurait-il pris la grosse tête ? En réalité, il joue plutôt avec la censure. Dans une Chine autoritaire qui contrôle strictement la population et encore plus les artistes, les oeuvres critiques sont rapidement interdites. Mais que peut-on reprocher à des fous rires ?
On perçoit pourtant bien, à force de le regarder, que ce sourire a quelque chose de forcé. Cette série d’autoportraits nous racontent donc aussi la société chinoise actuelle, qui s’uniformise et semble obligée de faire bonne figure, malgré le manque de libertés politiques. Mais ce sourire forcé nous renvoie également à la mode du selfie. Téléphone à bout de bras, tout le monde se prend aujourd’hui en photo et diffuse une représentation lisse, lumineuse et coloré de soi-même. L’autoportrait de Yue Minjun semble nous mettre en garde contre cet égocentrisme : à trop se focaliser sur notre image, on risquerait bien – comme lui ici – d’en perdre la tête. | | Note de contenu : | Au sommaire
Miroir, mon beau miroir…
L’autoportrait nous semble aujourd’hui une chose tout à fait banale. Pourtant, cette pratique n’existe que depuis 600 ans ! Découvrons comment est né ce genre bien particulier.
L’artiste, c’est moi !
Faire son autoportrait, c’est donc se faire (re)connaître en tant qu’artiste. l’occasion de montrer son talent, de témoigner de son quotidien et d’affirmer une place à part dans le monde.
Confessions intimes
Se représenter oui, mais il n’y a pas que l’apparence qui compte ! L’autoportrait est parfois une façon de raconter ses émotions, ses doutes ou ses états d’âme…
Quand les artistes jouent à cache-cache
Et si les autoportraits n’étaient pas toujours ce que l’on croit ? nombreux sont les artistes à jouer avec ce genre pour créer des versions codées, mystérieuses ou surprenantes. parties de cache-cache garanties !
Champions et championnes de l’autoportrait
Au fil du temps, l’autoportrait est presque devenu un passage obligé pour les artistes, un exercice imposé dans l’apprentissage et la maîtrise de la peinture, la sculpture ou la photographie. Certains en ont même fait une spécialité !
Le règne du selfie ?
Clic, c’est dans la boîte ! ou plutôt dans le téléphone. de nos jours, avec les smartphones, se photographier n’a jamais été aussi simple. qu’est-ce que cela raconte de nous, et de notre époque ? |
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