[article] in Gérontologie et société > Vol. 47, n°176 (Mai 2025) . - p. 21-32 | Titre : | Les accompagnements ordinaires à l’épreuve des vieillissements extraordinaires | | Type de document : | Livres, articles, périodiques | | Auteurs : | Dominique Argoud, Auteur ; Marion Villez, Auteur | | Année de publication : | 2025 | | Article en page(s) : | p. 21-32 | | Langues : | Français (fre) | | Résumé : | En 2011, la revue Gérontologie et société publiait un numéro consacré aux « vieillesses ordinaires ». Geneviève Laroque justifiait ce choix en affirmant que « la plupart des textes, articles, recherches sur la vieillesse s’intéressent d’abord à la vieillesse extraordinaire : la vieillesse fragilisée, malade, infirme, “dépendante” » (p. 10). Or, disait-elle, la vieillesse est avant tout une vieillesse ordinaire qui ne se limite pas à la partie visible de l’iceberg que constitue la vieillesse de « ceux qui sont aidés » (Laroque, 2011, p. 10). Mais la vieillesse extraordinaire est plus communément assimilée, à rebours du profil dessiné par Geneviève Laroque, aux « super-vieux », c’est-à-dire à des personnes qui parviennent à vieillir longtemps, tout en conservant des caractéristiques supposées propres à la jeunesse (forme physique et intellectuelle, vitalité, endurance…). Autrement dit, il y aurait une sorte de vieillesse ordinaire, que l’on pourrait qualifier de normale. Et l’extraordinaire serait relégué aux deux extrêmes : soit un vieillissement qui a longtemps été qualifié de pathologique pour désigner les personnes particulièrement affectées par les vulnérabilités et les pertes d’autonomie, soit à l’inverse un vieillissement valorisant des profils de personnes âgées capables de vieillir tout en échappant aux stigmates de l’âge.
Aujourd’hui, les sciences humaines et sociales ont remis en question la frontière existant entre vieillesse ordinaire et vieillesse extraordinaire. En particulier, en s’attachant à prendre en compte la diversité des parcours et des contextes de vie, l’approche sociologique a déplacé la focale d’analyse sur les processus du vieillir et a dévoilé combien ces derniers dessinaient une réalité complexe et plurielle (Hummel et al., 2014). Dans cette perspective, il n’est plus possible de définir une vieillesse ordinaire dans la mesure où chaque façon de vieillir apparaît comme le résultat d’un ensemble de facteurs définissant des vieillissements qui sont à chaque fois singuliers. C’est ce que la revue Gérontologie et société mettait déjà en travail en 1991 à travers le numéro « Des vieillesses différentes ». Dans l’absolu, la vieillesse ne peut être qu’extraordinaire dans le sens où les configurations multiformes de l’avancée en âge définissent les contours d’un paysage éclaté empêchant d’identifier une quelconque « normalité » dans les processus du vieillir. | | En ligne : | https://shs.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe-2025-1-page-21?lang=fr |
[article] Les accompagnements ordinaires à l’épreuve des vieillissements extraordinaires [Livres, articles, périodiques] / Dominique Argoud, Auteur ; Marion Villez, Auteur . - 2025 . - p. 21-32. Langues : Français ( fre) in Gérontologie et société > Vol. 47, n°176 (Mai 2025) . - p. 21-32 | Résumé : | En 2011, la revue Gérontologie et société publiait un numéro consacré aux « vieillesses ordinaires ». Geneviève Laroque justifiait ce choix en affirmant que « la plupart des textes, articles, recherches sur la vieillesse s’intéressent d’abord à la vieillesse extraordinaire : la vieillesse fragilisée, malade, infirme, “dépendante” » (p. 10). Or, disait-elle, la vieillesse est avant tout une vieillesse ordinaire qui ne se limite pas à la partie visible de l’iceberg que constitue la vieillesse de « ceux qui sont aidés » (Laroque, 2011, p. 10). Mais la vieillesse extraordinaire est plus communément assimilée, à rebours du profil dessiné par Geneviève Laroque, aux « super-vieux », c’est-à-dire à des personnes qui parviennent à vieillir longtemps, tout en conservant des caractéristiques supposées propres à la jeunesse (forme physique et intellectuelle, vitalité, endurance…). Autrement dit, il y aurait une sorte de vieillesse ordinaire, que l’on pourrait qualifier de normale. Et l’extraordinaire serait relégué aux deux extrêmes : soit un vieillissement qui a longtemps été qualifié de pathologique pour désigner les personnes particulièrement affectées par les vulnérabilités et les pertes d’autonomie, soit à l’inverse un vieillissement valorisant des profils de personnes âgées capables de vieillir tout en échappant aux stigmates de l’âge.
Aujourd’hui, les sciences humaines et sociales ont remis en question la frontière existant entre vieillesse ordinaire et vieillesse extraordinaire. En particulier, en s’attachant à prendre en compte la diversité des parcours et des contextes de vie, l’approche sociologique a déplacé la focale d’analyse sur les processus du vieillir et a dévoilé combien ces derniers dessinaient une réalité complexe et plurielle (Hummel et al., 2014). Dans cette perspective, il n’est plus possible de définir une vieillesse ordinaire dans la mesure où chaque façon de vieillir apparaît comme le résultat d’un ensemble de facteurs définissant des vieillissements qui sont à chaque fois singuliers. C’est ce que la revue Gérontologie et société mettait déjà en travail en 1991 à travers le numéro « Des vieillesses différentes ». Dans l’absolu, la vieillesse ne peut être qu’extraordinaire dans le sens où les configurations multiformes de l’avancée en âge définissent les contours d’un paysage éclaté empêchant d’identifier une quelconque « normalité » dans les processus du vieillir. | | En ligne : | https://shs.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe-2025-1-page-21?lang=fr |
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